EN DIRECT

Avertissement de Guy Marius Sagna : « Six amendements du gouvernement, c’est une guérilla ! »

A
Adja Publié le 14 août 2026 à 23:30
🔥 5 vues 💬 0 commentaire
f 𝕏 in
Avertissement de Guy Marius Sagna : « Six amendements du gouvernement, c’est une guérilla ! »

Le régime juridique des fonds spéciaux s’invite au cœur des débats de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Co-auteur d’une proposition de loi consacrée à cette question, le député Guy Marius Sagna a vivement dénoncé, ce vendredi, les six amendements introduits par le gouvernement lors de l’examen du texte en commission. Face à la presse, avec le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, le député a rappelé que l’encadrement des fonds spéciaux constitue, selon lui, un engagement ancien de Pastef, remontant à 2014. Pour Guy Marius Sagna, le principe selon lequel des fonds peuvent être mis à la disposition du président de la République ou d’une autre autorité sans être soumis à un mécanisme de contrôle n’est pas acceptable. Il estime qu’une telle pratique est incompatible avec les exigences de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.

​« Six amendements, une guérilla gouvernementale »

​Le député a particulièrement ciblé les six amendements introduits par le gouvernement au cours des travaux en commission. Il les qualifie de « guérilla gouvernementale », considérant qu’ils risquent de remettre en cause l’esprit même de la proposition de loi portée par les députés. Pour lui, le débat ne porte pas sur la suppression des fonds nécessaires à la sécurité de l’État, mais sur leur encadrement. « Il ne s’agit pas de supprimer », a-t-il insisté, plaidant pour que ces ressources soient strictly réservées aux opérations liées à la sécurité, à la défense et à l’intégrité territoriale.

​Un engagement qui remonte à 2014

​Guy Marius Sagna réfute par ailleurs l’idée selon laquelle Pastef aurait découvert la question des fonds spéciaux après son arrivée au pouvoir. Il rappelle que la réforme figurait déjà parmi les engagements du parti depuis 2014. Il cite également le projet de campagne présidentielle de 2024 porté par Bassirou Diomaye Faye, qui prévoyait, selon lui, la suppression des fonds politiques et leur remplacement par des fonds spéciaux votés par l’Assemblée nationale. Ces crédits devaient être destinés à des opérations particulièrement sensibles, comme l’armement ou certaines missions secrètes, avec un contrôle spécifique a posteriori assuré par une sous-commission composée de membres assermentés.

​Sonko n’aurait pas attendu son départ de la Primature

​Le député a également rejeté l’argument selon lequel Ousmane Sonko aurait attendu son départ de la Primature pour prendre position sur les fonds politiques. Selon Guy Marius Sagna, le matin même de son limogeage, l’ancien Premier ministre avait interpellé l’Assemblée nationale sur la question et estimé que le président Bassirou Diomaye Faye commettait une erreur concernant les fonds politiques. Il affirme que Sonko ignorait alors qu’il serait limogé quelques heures plus tard. Guy Marius Sagna assure, pour sa part, avoir engagé la réflexion bien avant. Il dit avoir transmis, en septembre 2025, une proposition de loi au président de son groupe parlementaire et avoir également alerté le président du parti. Ce dernier lui aurait, selon son récit, assuré que les engagements seraient respectés, tout en demandant du temps pour en discuter avec le chef de l’État.

​« Il ne s’agit pas de supprimer »

​Pour le député, l’enjeu est désormais de déterminer un cadre juridique clair et restrictif. Les fonds spéciaux devraient, selon lui, être circonscrits aux questions de sécurité, de défense et de protection de l’intégrité territoriale. Guy Marius Sagna annonce d’ailleurs une autre proposition de loi destinée à compléter le dispositif sur les crédits spéciaux. Celle-ci devrait permettre de mettre ces ressources à la disposition de structures spécifiquement chargées de gérer les opérations sensibles. À travers cette bataille parlementaire, le député entend donc faire de la transparence et du contrôle des fonds spéciaux un test de cohérence entre les engagements pris avant l’arrivée au pouvoir et les pratiques actuelles. Et les six amendements introduits par le gouvernement apparaissent désormais comme le principal point de friction entre les deux camps.

Articles similaires

0 commentaire