Hangar des pèlerins : Face au blocage foncier, les victimes passent à l'offensive
Dans un communiqué, le collectif représentant les détenteurs de titres sur le site "Hangar des pèlerins", a dénoncé l'inaction des pouvoirs publics et annoncé le lancement prochain de mobilisations à l'échelle nationale et internationale.
Promis à un règlement rapide, le dossier s'est enlisé dans la bureaucratie administrative. Lors du Conseil des ministres du 12 mars 2025, le gouvernement avait fixé la clôture du processus de vérification du site à la fin du mois de juin de la même année. Plus d'un an après ce terme, aucune décision définitive n'a été actée pour clarifier le statut de ces parcelles, laissant les propriétaires dans l'incertitude.
L'affaire a pris une dimension plus complexe à la suite de l'audition, vendredi 9 octobre 2026, de l'ancien directeur des Domaines, Abdou Gningue, devant la commission d'enquête parlementaire sur les défaillances de l'attribution foncière. Si le collectif salue le fait qu'il ait été la seule autorité administrative à les avoir reçus, il redoute désormais que les irrégularités mises au jour viennent pénaliser des acquéreurs ayant agi dans la légalité.
Sur le terrain, les conséquences financières et humaines de cette suspension administrative s'alourdissent. Les membres du collectif rappellent qu'ils ne sont pas des spéculateurs, mais des citoyens ayant engagé leurs économies ou ayant souscrit des emprunts bancaires pour accéder à la propriété. Pour beaucoup d'entre eux, le gel des projets de construction entraîne un préjudice économique et moral considérable.
Les démarches engagées auprès du ministère des Finances et du Budget, de la Direction des domaines ainsi que de la présidence de la République n'ayant pas débouché sur des mesures concrètes, les membres de l'association entendent désormais changer de stratégie.
Afin de contraindre l'État à rouvrir les négociations, le collectif prévoit de lancer une campagne d'information et d'interpellation publique. Ce plan d'action vise à saisir les organisations de la société civile, les acteurs des droits humains et les instances juridiques compétentes, tout en exigeant la communication d'un calendrier précis de résolution.
Tout en réaffirmant sa disposition au dialogue, le collectif demande au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d'appliquer ses engagements en matière de gouvernance foncière et de mettre un terme à l'insécurité juridique qui pèse sur ces ménages.

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