EN DIRECT

Hausse des prix du carburant : vigilance face aux transporteurs

A
Adja Publié le 17 août 2026 à 22:22
🔥 1 vues 💬 0 commentaire
f 𝕏 in

Les prix du carburant ont connu une hausse depuis samedi 15 août 2026. L’essence est passée de 920 à 990 F et le super de 680 à 755 F, soit 70 F de plus pour le premier contre 75 F pour le second. Mais au-delà de cette augmentation, certains craignent un effet domino avec des répercussions dans des secteurs comme la boulangerie, l’industrie ou le transport. Pourtant, il ne devrait y avoir aucune crainte quant à un effet domino. En effet, avant cette hausse des prix, ces deux produits avaient connu une baisse qu’aucun de ces acteurs n’avait répercutée aux consommateurs, alors que tout porte à croire que cela était possible dans certains secteurs.

Dès les premières heures de l’annonce de la baisse, le 6 décembre 2025, AFTU avait fait une sortie pour saluer la mesure et annoncer un réajustement de ses tarifs. « AFTU a le plaisir d’annoncer le retour prochain de la sous-section à 100 francs sur toutes nos lignes », déclarait sur RFM Mohamed Ndoye. « Nous savons que ce tarif est attendu, donc nous nous engageons à le rétablir pour offrir un service toujours plus abordable », ajoutait-il. L’espoir était donc permis, surtout que l’horizon avait été fixé à quelques semaines, voire un mois au plus.

Mais depuis ce jour, c’est silence radio. La mesure annoncée n’a jamais été appliquée. AFTU a préféré oublier sa promesse. Peut-être aussi qu’elle n’engage que ceux qui y ont cru.

Seneweb avait publié une chronique le 16 février dernier pour s’étonner du silence d’AFTU et se demander si l’association avait trouvé protection du côté de l’État, le ministère des Transports en particulier. Mais rien n’y fait. Personne, ou presque, ne s’était mobilisée pour exiger cette baisse. Les autres types de transport, n’en parlons même pas. Bref, le secteur du transport avait préféré un surplus de profit à une redistribution en faveur des usagers. Même chose du côté de la boulangerie, où Amadou Gaye ne rate aucune occasion pour pleurnicher sur le sort du secteur. On se croirait dans le secteur de la presse, où les patrons de médias crient partout à la faillite sans jamais fermer boutique. Allez savoir pourquoi.

Pourtant, ces acteurs sont prompts à prendre prétexte de toute hausse pour augmenter les tarifs. Le moindre ajustement ou la moindre perturbation dans le secteur du transport peut servir de prétexte à une hausse. Il suffit qu’un petit tronçon, facturé à moins de 100 F, soit inondé et difficilement praticable pendant l’hivernage pour que les cars rapides ou les clandos exigent 150, voire 200 F. Et à la fin des pluies, même avec un bitume impeccable, le prix de circonstance reste définitif.

Convoyer une enveloppe à 2000f

Pendant la Covid, avec la réduction du nombre de places et l’interdiction des porte-bagages, le transport interurbain avait augmenté ses tarifs. Aujourd’hui, tout ce qui était interdit et qui servait de prétexte à cette hausse est de retour, sauf les prix d’avant. Même pour convoyer une enveloppe ce si petit objet à Dakar, les habitants de Kaffrine paient 2 000 F contre 1 000 F avant la Covid.

C’est dire que les transporteurs sont capables de venir nous annoncer demain une hausse. Il est vrai que, dans L’Observateur, Gora Khouma est assez lucide pour affirmer que « le tarif du transport ne doit pas augmenter ». Mais cela ne doit en rien endormir l’opinion. D’autres acteurs du secteur sont capables de lui porter la réplique dès demain avant de tenter une hausse.

Il est vrai que les prix ont été simplement ramenés à leur niveau d’avant décembre dernier. Cela devrait suffire largement comme argument face à ces acteurs. Mais avec les transporteurs, on ne sait jamais : autant les surveiller comme du lait sur le feu.

0 commentaire