Infiltration, fuites de données et cyber-menaces : L'appel d'El Malick Ndiaye pour former tous les agents publics
Alors que l’Assemblée nationale examine en séance plénière le projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique, El Malick Ndiaye a placé le facteur humain au cœur des débats. Saluant la pertinence du texte, le député a estimé que la protection des infrastructures d’information critiques constitue désormais « une question de souveraineté nationale », au même titre que la protection du territoire, des institutions et des ressources stratégiques. Mais pour El Malick Ndiaye, la technologie ne suffit pas : « Nous pouvons disposer des meilleurs systèmes informatiques, des meilleurs logiciels de protection et des infrastructures les plus modernes, si les utilisateurs ne sont pas suffisamment sensibilisés aux risques numériques, notre dispositif restera vulnérable », a-t-il averti.
Le parlementaire s’est ainsi interrogé sur le niveau réel de sensibilisation des agents publics aux enjeux de cybersécurité. Il souhaite notamment savoir combien d’agents sont capables d’identifier un courrier frauduleux ou une tentative de phishing (hameçonnage), mais aussi combien maîtrisent les règles élémentaires de gestion des mots de passe, de protection des données confidentielles et de sécurisation de leurs appareils. Pour El Malick Ndiaye, la cybersécurité doit devenir « une véritable culture administrative ». Il propose la généralisation de la formation à l’ensemble des agents de l’État, des administrations centrales aux services déconcentrés, en passant par les collectivités territoriales et les établissements publics. Le député plaide même pour l’instauration d’un module obligatoire de sensibilisation à la cybersécurité et à la protection des données lors de la prise de fonction de tout agent public, complété par des sessions régulières de mise à niveau.
Les messageries personnelles dans le viseur
El Malick Ndiaye a également alerté sur la circulation de documents administratifs sensibles à travers des adresses électroniques personnelles, des messageries instantanées ou des plateformes non maîtrisées par l’État. Selon lui, cette pratique doit progressivement être bannie. Il préconise que chaque agent de l’État dispose d’une adresse électronique professionnelle sécurisée et que les documents sensibles de l’administration circulent exclusivement via des canaux institutionnels sécurisés et contrôlés.
Le député appelle également à renforcer la sécurité des téléphones portables et des ordinateurs professionnels, soulignant qu’un appareil perdu, volé ou compromis peut donner accès à des courriers confidentiels, des documents administratifs ou des contacts stratégiques. Il propose ainsi d'instaurer des normes minimales obligatoires, notamment l'authentification renforcée, le chiffrement, les mises à jour régulières, la sauvegarde sécurisée et la possibilité d’effacement à distance des données professionnelles.
« Protéger les futurs citoyens »
Pour El Malick Ndiaye, la sensibilisation ne doit pas se limiter à l’administration, mais commencer dès l’école. Il a souligné que les enfants utilisent très tôt les téléphones, tablettes, réseaux sociaux, plateformes numériques et, désormais, les outils d’intelligence artificielle. Cette exposition précoce les rend vulnérables au cyberharcèlement, aux escroqueries, à l’usurpation d’identité, aux contenus inappropriés, à la désinformation et aux atteintes à la vie privée. Le député propose donc une initiation progressive au numérique, à la cybersécurité et à la protection des données personnelles dans les programmes scolaires, avec un contenu adapté à chaque tranche d’âge.
Deux questions adressées au gouvernement
Dans sa démarche, El Malick Ndiaye a d'abord interrogé le gouvernement sur la mise en place d’un programme national obligatoire de formation et de sensibilisation à la cybersécurité pour l’ensemble des agents publics. Il demande que ce programme soit accompagné de référentiels précis concernant l'usage de messageries professionnelles sécurisées et de normes de protection pour les équipements de travail.
Enfin, sa seconde interpellation concerne le milieu éducatif. Le député demande si, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, le gouvernement envisage d’intégrer progressivement dans les programmes scolaires une initiation à la cybersécurité et à la protection des données personnelles. Pour El Malick Ndiaye, l’équation est claire : « Protéger nos infrastructures numériques est indispensable. Protéger les futurs citoyens qui les utilisent l’est tout autant. »
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