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"Pas de réalité du pouvoir qui vaille" : Sonko maintient le cap de la rupture totale

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Adja Publié le 10 avril 2026 à 15:16
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"Pas de réalité du pouvoir qui vaille" : Sonko maintient le cap de la rupture totale
Au-delà des analyses géopolitiques, le Premier ministre Ousmane Sonko a parlé de l’exercice du pouvoir, de la « révolution » en cours au Sénégal et des exigences d’un patriotisme qu’il veut « discipliné ». Un message clair : la souveraineté a un coût, et le Sénégal doit être prêt à l’assumer. Depuis sa nomination à la Primature, Ousmane Sonko dit avoir pris toute la mesure de la complexité de l’appareil d’État. Face à ceux qui évoquent la « réalité du pouvoir » pour justifier des renoncements, il a tranché net : « Il n'y a pas de réalité du pouvoir qui vaille ; c'est à nous d'imposer au pouvoir les réalités que nous voulons ». Pour lui, le pouvoir ne doit pas transformer l’homme ; c’est l’homme qui doit transformer les structures. Il a ainsi exhorté ses collaborateurs et les élites à ce que les principes défendus hier dans l’opposition restent la boussole de l’action d’aujourd’hui. Ousmane Sonko a livré une confession inédite sur l’état économique du pays, citant notamment la « dette cachée ». Le constat est dur selon lui : « le Sénégal traverse une crise profonde, aggravée par un contexte international instable ». « Beaucoup d'entre nous qui ont opté pour la révolution ne sont pas prêts au sacrifice et tout le monde réclame tout de suite et maintenant ». Selon lui, la souveraineté implique des choix difficiles et des renoncements, loin des patriotismes de façade ou des « incantations ». Dans ses déclarations sur la scène internationale, Sonko trace une ligne pour le « Nouveau Sénégal ». Il s’agit, à l’en croire, du refus des parrains : « il n'est pas question de changer un drapeau par un autre, ni un parrain par un autre, encore moins une tutelle par une autre ». Il prône l’intégration régionale pour une CEDEAO forte, rappelant qu’aucun État africain ne peut peser seul dans un monde multipolaire sans une masse critique géographique et démographique. Il y a aussi les ressources naturelles, car les contrats miniers et pétroliers doivent profiter en priorité au peuple sénégalais. Il critique les signatures passées par des « autorités corrompues ». Abordant la question démographique, Sonko rejette les politiques de limitation des naissances dictées de l’extérieur. Il voit dans la jeunesse africaine un « dividende démographique », une force à organiser plutôt qu’une charge à gérer. « L’avenir du pays repose sur une base sociale solide et une adhésion populaire réelle. Sans cette alliance entre les élites et le peuple, le patriotisme restera un mot creux ». Par ailleurs, Ousmane Sonko confirme que son magistère ne sera pas celui du confort, mais celui de la transformation structurelle. Un pari risqué, fondé sur la conviction que le Sénégal ne doit plus demander « ni permission d’être souverain, ni indulgence pour penser par lui-même ».

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