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PJF : Un cuisinier risque 10 ans de réclusion criminelle pour 40 comprimés d’ecstasy

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Adja Publié le 14 août 2026 à 21:54
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PJF : Un cuisinier risque 10 ans de réclusion criminelle pour 40 comprimés  d’ecstasy

Jugé ce 14 août 2026 devant la Chambre de jugement du Pool judiciaire financier (PJF), statuant en matière criminelle, I. Fall a reconnu être consommateur d’ecstasy, mais a rejeté les accusations de trafic international et de trafic intérieur de drogue. Le parquet a requis 10 ans de réclusion criminelle.

Cette affaire est partie d’un renseignement sur un réseau de trafic de drogue dure à Yengoulène, dans le secteur de Yoff. Dans la nuit du 5 au 6 août 2023, les éléments de la Brigade de recherches de Dakar mettent en place un dispositif de surveillance. C’est ainsi que I. Fall, 35 ans cuisinier et marchand, établie à Serrekunda, en Gambie, était dans le viseur des enquêteurs.

Au terme de la filature, le suspect est interpellé avec 18 comprimés de couleur grise. Son téléphone, un iPhone 7 Plus, est également saisi. Les analyses de la Division de la police technique et scientifique lèvent rapidement le doute sur la nature des comprimés qui sont de l’ecstasy contenant de la MDMA, un stupéfiant classé à haut risque.

L’enquête va cependant révéler davantage. L’exploitation du téléphone fait apparaître plusieurs conversations WhatsApp relatives à la drogue. Des échanges sont notamment présentés comme des discussions portant sur la vente d’ecstasy. Plusieurs photographies de stupéfiants, de différentes couleurs, sont également retrouvées dans la galerie du téléphone.

À la barre, Ibrahima Fall ne nie pas la détention des comprimés. Mais il conteste leurs commercialisations. « Je suis consommateur depuis 2021. Mais j’ai arrêté », affirme-t-il. Le prévenu explique avoir acheté 40 comprimés d’ecstasy en Gambie. Une partie a été récupérée par un certain Seydou à Yoff, tandis que les 18 comprimés retrouvés sur lui devaient être remis à ce dernier aussi.

« Je voulais me rendre à Diourbel pour voir ma famille. C’est pourquoi j’ai appelé mon ami Seydou pour lui confier la drogue. C’est lors de la transaction que j’ai été arrêté. Je soupçonne Seydou de m’avoir balancé », soutient-il. I. Fall assure qu’il ne s’agissait nullement d’une opération de vente. Il réfute également les accusations fondées sur les conversations extraites de son téléphone. « Je n’ai proposé à personne de la drogue venant de la Gambie. Je n’ai envoyé à personne pour la vendre », martèle-t-il. Le prévenu reconnaît toutefois consommer de l’ecstasy lors de ses sorties en boîte de nuit. « Je suis timide. Quand je vais en boîte avec mes amis, je prends de la drogue pour m’éclater », explique-t-il à la cour, avant de prendre l’engagement de ne plus toucher aux stupéfiants.

Le voyage Gambie-Dakar qui accable

Dans son ordonnance de mise en accusation, le juge du 4e cabinet d’instruction du PJF avait retenu des charges suffisantes contre I. Fall pour trafic international de drogue, trafic intérieur et offre ou cession de stupéfiants. Le magistrat s’est appuyé sur les premières déclarations du mis en cause, qui avait reconnu avoir introduit la drogue depuis la Gambie. Pour le juge, même si I. Fall a ensuite tenté de présenter les comprimés comme destinés à sa consommation personnelle, il demeure qu’il les ont transportés depuis un pays étranger.

L’instruction avait également retenu les échanges téléphoniques comme éléments à charge, estimant qu’ils laissaient apparaître une activité de mise en vente ou de circulation de stupéfiants.

En revanche, I. Fall a bénéficié d’un non-lieu partiel concernant les faits d’acte contre nature. Des vidéos à caractère sexuel avaient été retrouvées sur son téléphone, à la suite d’échanges avec un ressortissant espagnol présenté comme son ami. Mais le juge a estimé que ces vidéos, montrant d’autres personnes, ne suffisaient pas à établir des actes matériels imputables au prévenu.

Dans ses observations, le ministère public n’a pas été convaincu par les explications du prévenu. Le procureur de la République financier a requis 10 ans de réclusion criminelle et une amende de 1,2 million de francs CFA. La défense a, pour sa part, tenté de faire tomber les qualifications criminelles de trafic international et de trafic intérieur. « Les trafics intérieur et international ne sont pas caractérisés », plaide Me Michel Mahécor. L’avocat reconnaît toutefois que l’offre ou la cession peut être retenue : « Pour cette infraction, nous plaidons coupable. Nous sollicitons l’application bienveillante de la loi pénale. C’est une personne égarée. Il mérite d’avoir une seconde chance. » Me Ndiogou Ndiaye embraye dans la même direction et demande à la Chambre de faire preuve de clémence à l’égard de son client en lui tenant la perche.

Après les plaidoiries, la Chambre de jugement du Pool judiciaire financier a mis l’affaire en délibéré au 11 novembre prochain.

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