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Traitements inhumains à Malika : Traitée de « pute », une fillette enchaînée et enfermée dans une salle de bains. Son père arrêté

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Adja Publié le 7 octobre 2026 à 22:10
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Traitements inhumains à Malika : Traitée de « pute », une fillette enchaînée et enfermée dans une salle de bains. Son père arrêté

La brigade de recherches (BR) de Keur Massar a libéré une mineure de 15 ans, victime des violences de son père biologique. S. Diallo, un commerçant   âgé de 40 ans, avait enchaîné les pieds de sa fille avant de l'enfermer dans la salle de bains du domicile familial. Une façon pour lui de la punir à cause de ses fréquentations. 

Alertés des faits survenus à Malika, les gendarmes en civil, à bord d'un véhicule, ont interpellé le suspect le 4 octobre à son domicile. Au terme de l'enquête, le père a été déféré ce mercredi devant le procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine-Guédiawaye, pour séquestration, violences volontaires et traitements inhumains et dégradants sur mineure de 15 ans, selon des sources de Seneweb.

Deux ans de violences au domicile familial

Selon les éléments de l'enquête, la jeune A. D. Diallo, 15 ans, vivait depuis environ deux ans dans un climat de peur et de désarroi. Chaque fois qu'elle sortait avec ses amies, son père l'insultait, en la traitant de « pute », avant de la frapper.

À plusieurs reprises, il lui a attaché les mains et les pieds avec une corde, puis l'a enfermée dans la salle de bains pendant plusieurs jours. La mineure est parvenue à s'échapper plusieurs fois pour se réfugier chez des connaissances. Et chaque fois, son père l'a ramenée à la maison et a continué les sévices.

Pour échapper à ces violences, elle a fini par s'enfuir à Bène Barack, où elle a passé plusieurs jours dans la rue. Après de nouvelles recherches, son père l'a retrouvée. Une fois à la maison, il lui a attaché le pied avec une chaîne munie de trois cadenas, avant de l'enfermer une nouvelle fois dans la salle de bains.

L'évasion et l'arrivée à la gendarmerie

Profitant d'une absence momentanée de son père, la mineure est parvenue à se libérer et s'enfuir chez une dame qu'elle a suppliée de l'accompagner à la gendarmerie, car elle craignait que son père ne la retrouve et ne lui fasse subir de nouvelles violences.

À son arrivée à la BR de Keur Massar, son état émotionnel était préoccupant : elle était en larmes, le regard fuyant et avait du mal à s'exprimer. Les gendarmes ont constaté qu'elle portait toujours au pied droit la chaîne munie de ses trois cadenas. Des marques et des traces compatibles avec le port de cette chaîne étaient visibles sur son bras droit. Plusieurs cicatrices et anciennes blessures apparaissaient aussi sur différentes parties de son corps, dont une plaie au niveau de la tête.

Les déclarations de la victime

Interrogée sur les faits, A. D. Diallo a déclaré subir depuis environ deux ans des violences répétées de la part de son père, faites de coups, d'insultes et de menaces. Elle a affirmé qu'il l'attachait régulièrement aux mains et aux pieds avant de l'enfermer dans la salle de bains des jours durant.

Elle a indiqué avoir tenté à plusieurs reprises de fuir le domicile, mais son père la retrouvait toujours et la ramenait de force. Lors de sa dernière tentative d'évasion, il lui a porté des coups à la tête et au visage alors qu'elle essayait de sortir par une fenêtre. Elle a enfin précisé que sa mère tentait parfois de s'interposer, mais qu'elle est elle-même insultée et menacée par son mari, sans parvenir à faire cesser les violences.

 Les enquêteurs ont alors adressé une réquisition à personne qualifiée au médecin-chef du district sanitaire de Keur Massar, afin que la victime soit examinée. À l'issue de cet examen, un certificat médical a été délivré faisant état d'une incapacité temporaire de travail de sept jours.

Les gendarmes ont ensuite informé la directrice du service de l'Action éducative en milieu ouvert (AEMO) de Keur Massar, pour que les mesures de protection relevant de ses compétences puissent être prises en faveur de la mineure.

L'interpellation et les aveux partiels du père

Dans la foulée, à 19 h, les gendarmes se sont rendus au domicile de S. Diallo pour l'interpeller et le conduire à la brigade pour les besoins de l'enquête.

Interpellé sur les faits, le père a reconnu avoir enchaîné lui-même sa fille A. D. Diallo afin de l'empêcher de fuguer. Il a justifié son geste par les fugues répétées de l'adolescente et par sa fréquentation de personnes qu'il juge nuisibles. Il a admis lui avoir porté des coups une fois, lorsqu'elle a tenté de s'échapper par la fenêtre de sa chambre. Selon lui, c'était la première fois qu'il l'enchaînait avec une chaîne et des cadenas qu'il avait achetés spécialement à cette fin.

Au terme de l'enquête, S. Diallo a été déféré ce mercredi devant le procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine-Guédiawaye.

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