Déguerpissement à Guédiawaye : 3000 travailleurs des filaos (maraîchers, éleveurs et artisans) lancent un appel pressant au président Diomaye Faye
Sur la frange côtière de Guédiawaye, là où les filaos prêtent leur ombre bienveillante à une humanité laborieuse, un silence d'encre s'est abattu. Ce n'est point le calme de la sérénité, mais le murmure sourd de l'angoisse. Maraîchers, éleveurs et artisans de l’automobile, chevilles ouvrières d’une économie populaire et vivrière, font aujourd'hui face à l'épée de Damoclès d'un déguerpissement imminent. Les sommations administratives reçues fixent une échéance au couperet impitoyable : le 22 octobre 2026.
Le cri du cœur d'une banlieue laborieuse
Derrière la rigueur froide des avis d'expulsion se cache un drame social d'une immense ampleur. Ce sont plus de mille vingt-sept têtes de bétail qui paissent sur ces cent vingt-sept hectares de verdure littorale ; ce sont plus de trois mille âmes, pères et mères de famille, dont le destin est intimement lié à la terre et aux ateliers de la zone.
Khadidiatou Tambédou, figure digne de cette résistance pacifique, pose tout haut la douloureuse question de l'équité républicaine : « Il y a les cités des magistrats, celles des Domaines, mais où sont celles des pauvres ? » C’est l’expression d’un sentiment d’abandon face à un aménagement urbain perçu comme exclusif, là où ces citoyens ne réclament que le droit de gagner honnêtement leur vie, sans autre boussole que la sueur de leur front.
Par la voix de leur porte-parole, Pape Samba Sarr, les acteurs du site ont tenu à dissiper tout malentendu lors d'un point de presse solennel. Leur démarche n'est ni partisane, ni frondeuse. Ils ne s’opposent nullement au progrès, à l’embellissement ou à la réorganisation du littoral par l’État. Ils refusent simplement d'être effacés du paysage sans ménagement, balayés comme de simples variables d'ajustement. Ce qu'ils réclament, c'est l'écoute, le respect de leur dignité et des solutions viables de recasement pour éviter que des milliers de ménages ne basculent dans la précarité la plus absolue.
L'appel pressant à l'arbitrage du Président Bassirou Diomaye Faye
Face à l'imminence de l'échéance et à la sourde violence d'un départ sans lendemain, tous les regards se tournent désormais vers le Palais de la République. Le collectif lance un appel vibrant et solennel au Chef de l'État, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Monsieur le Président, vous qui avez placé votre magistère sous le sceau de la justice sociale, de l'inclusion et de la protection des plus vulnérables, votre arbitrage est aujourd'hui espéré comme l'ultime rempart contre la détresse. Une intervention de votre haute autorité permettrait de suspendre le couperet du 22 octobre et d'ouvrir une table de concertation inclusive avec les ministères sectoriels.
En privilégiant le dialogue à la table rase, la République démontrera qu'elle sait concilier les impératifs du développement moderne et le devoir sacré de protéger ses fils les plus modestes. La bande des filaos attend cette main tendue pour que le droit à la subsistance rime enfin avec l'émergence citoyenne.
Monsieur le Président votre arbitrage est demandé maintenant
Nous vous sollicitons de donner une suite urgente à notre courrier déposé le 13 octobre au bureau de courrier de la présidence avec tous les éléments de preuve que nous détenons et d’intervenir auprès des autorités compétentes pour obtenir une suspension écrite des opérations et un report. Ce délai doit permettre de vérifier les documents et de rechercher une solution qui préserve les moyens de subsistance des familles tout en tenant compte des règles applicables au littoral.
Nous demandons une concertation réunissant le Gouverneur de Dakar, le Préfet de Guédiawaye, les services de l’Urbanisme, les Domaines, le Cadastre, la DGSCOS et les représentants des occupants. Les possibilités de maintien ou de régularisation doivent être examinées parcelle par parcelle. Si un déplacement demeure nécessaire, nous demandons que le recasement et les conditions de continuité des activités soient discutés et préparés avant son exécution.
Le Préfet de Guédiawaye a accueilli notre délégation et indiqué que notre requête serait étudiée. Nous le remercions pour cette écoute. Nous attendons maintenant une décision sur le report demandé. À quelques jours de l’échéance, une réponse écrite permettrait aux familles de savoir à quoi s’en tenir.
Un appel aux médias et à l’opinion nationale et internationale
Nous appelons les médias, la société civile, les organisations agricoles et les défenseurs des moyens de subsistance à relayer notre requête. Nous les invitons à consulter nos pièces, à rencontrer les occupants et à interroger les services compétents. Nous souhaitons que la situation de ces familles soit entendue au Sénégal et au-delà, et qu’une concertation puisse s’ouvrir avant toute perte difficile à réparer.
Monsieur le Président, nous demandons la possibilité de continuer à vivre de notre travail pendant que notre dossier est examiné. Nous sollicitons votre clémence et votre arbitrage pour éviter le déguerpissement dans l’urgence. Avant le 22 octobre, une décision de suspension peut encore donner au dialogue le temps de produire une solution.
Mbane : le chef de village, les 10 000 FCFA et les faux papiers vendus à des étrangers
Article suivant →Conclave des cadres de Pastef et point de presse : Ousmane Sonko annonce sa participation…
Articles similaires
Société
Mbane : le chef de village, les 10 000 FCFA et les faux papiers vendus à des étrangers
Société
Mort de « L’Homme de Ziguinchor » en Gambie : sa dépouille enfin restituée à sa famille
Société
Dakar : 297 pains et six vélos saisis lors d’une opération coup de poing de la Brigade d’h...
Société
0 commentaire