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Seydina Oumar Touré : « C'est Ousmane Sonko qui a tourné le dos au président Diomaye et exposé ses hommes »

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Adja Publié le 21 juillet 2026 à 16:45
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Seydina Oumar Touré : « C'est Ousmane Sonko qui a tourné le dos au président Diomaye et exposé ses hommes »

Invité de Seneweb, le président de l'Union pour un Sénégal Juste (USJ), le capitaine Seydina Oumar Touré, a livré une analyse sans concession de la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Pour lui, les responsabilités sont clairement établies : c'est le leader de PASTEF qui s'est éloigné du chef de l'État et a fragilisé les responsables de son propre camp. Interrogé sur l'image d'« homme de la révolution » souvent attribuée à Ousmane Sonko, Seydina Oumar Touré nuance cette perception. Selon lui, une révolution consiste avant tout à transformer un système existant. « Nous avons changé un régime. Si c'est cela la révolution, alors le président Bassirou Diomaye Faye l'incarne pleinement », affirme-t-il.

​Le capitaine Touré rappelle que, durant toute la campagne présidentielle, le discours porté par les différentes composantes de la coalition était centré sur la candidature de Bassirou Diomaye Faye. « On ne peut pas avoir demandé aux Sénégalais d'élire Diomaye et, aujourd'hui, prétendre qu'il n'est plus l'homme que nous présentions au peuple », soutient-il. Il rejette également l'idée selon laquelle la désignation de Bassirou Diomaye Faye aurait été le fait d'une seule personne. « Il n'est pas respectueux pour tous les responsables engagés sur le terrain de laisser croire qu'un seul homme a pris cette décision. Certes, Ousmane Sonko avait un discours convaincant, mais nous nous sommes tous battus et il y a eu la main de Dieu », déclare-t-il.

« S'il y a un guide dans ce pays, c'est Bassirou Diomaye Faye »

​Pour Seydina Oumar Touré, si un guide doit être reconnu aujourd'hui, c'est le président de la République. « S'il y a un guide dans ce pays, c'est Bassirou Diomaye Faye », lance-t-il, tout en saluant le choix qu'avait fait Ousmane Sonko de soutenir sa candidature en 2024. « Ce geste était un acte de grandeur. Il ne doit pas tout gâcher aujourd'hui », ajoute-t-il. L'ancien officier de gendarmerie dit ne connaître personnellement ni Bassirou Diomaye Faye ni Ousmane Sonko avant leur accession au pouvoir. Il se souvient toutefois que c'est Ousmane Sonko lui-même qui avait consacré près d'une demi-heure à vanter les qualités de son compagnon politique. « Ils ont cheminé ensemble pendant plus de dix ans. Comment peut-on découvrir en seulement deux ans tout ce qu'on lui reproche aujourd'hui ? », s'interroge-t-il.

​Il balaie également les accusations selon lesquelles le président de la République serait manipulé par son entourage. « Si Bassirou Diomaye Faye était aussi manipulable qu'on le dit, la première personne capable de le manipuler aurait été Ousmane Sonko. Il ne faut pas chercher de bouc émissaire », estime-t-il. Selon lui, la rupture est avant tout imputable au président de PASTEF. « C'est Ousmane Sonko qui a tourné le dos au chef de l'État. Lorsqu'on est Premier ministre, même si l'on est chef de parti, il y me des déclarations que l'on ne peut pas faire publiquement sur le président de la République. Le chef de l'État devait protéger ses hommes au sein du pouvoir ; au contraire, il les a exposés », affirme-t-il. À titre d'exemple, il évoque un déplacement d'Ousmane Sonko à Touba, au cours duquel ce dernier avait publiquement cité les noms de plusieurs responsables. « Certains ont ensuite été convoqués au Palais. Cela donnait l'impression qu'il voulait démontrer qu'il gardait le contrôle de ses hommes », analyse-t-il.

Gestion de l'ASP et recadrage sur le devoir de réserve

​Interpellé sur la situation de Maty Sarr Niang, le directeur général de l'Agence d'assistance à la sécurité de proximité (ASP) refuse d'entrer dans le cas particulier d'un agent parmi plus d'un millier de collaborateurs. Il rappelle néanmoins les principes qui régissent le fonctionnement de l'institution. « En tant que directeur général, je peux réorganiser le fonctionnement de la structure et évaluer la rentabilité de chaque agent. Nous disposons d'un règlement intérieur et d'un statut qui encadrent nos missions », explique-t-il.

​Il insiste notamment sur le devoir de réserve qui s'impose aux agents de l'ASP. « Notre statut interdit à un agent d'agir contre l'État. Nous dépendons du ministère de l'Intérieur et tous les corps de sécurité sont représentés au sein de l'Agence. Un agent ne doit pas s'attaquer aux institutions de la République sur les réseaux sociaux. Si quelqu'un souhaite adopter une telle posture, il doit avoir la dignité de quitter ses fonctions », tranche le capitaine Touré. Il appelle enfin à préserver les fondements institutionnels du Sénégal. « Nous sommes une jeune démocratie. Nous avons des bases solides qu'il nous appartient de consolider plutôt que d'affaiblir », conclut-il.

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