La Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a marqué ses vingt ans, le 27 novembre 2025, lors d’un colloque consacré à l’évolution de la lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et les flux illicites. Les autorités financières et monétaires, dont le ministère des Finances et la BCEAO, ont rappelé la transformation progressive de l’institution, visible dans la progression régulière des déclarations de soupçon, la professionnalisation des équipes et l’amélioration des échanges avec les acteurs financiers. La modernisation des outils, en particulier la plateforme e-Delta, a permis d’automatiser une partie des analyses et de renforcer la qualité des signalements, ce qui constitue un tournant dans le traitement opérationnel des informations.
La cellule a mis en avant les priorités de son plan stratégique 2025-2029 qui vise à consolider l’expertise interne, approfondir l’intégration régionale et mieux prendre en compte les typologies de risques émergents comme les crypto-actifs, la cyberfraude ou les circuits de financement informels.
L’institution insiste sur son autonomie fonctionnelle, un point fondamental pour garantir l’impartialité des analyses et la solidité du dispositif national de vigilance. La hausse des transmissions au parquet financier témoigne d’un meilleur croisement des données et d’une capacité renforcée à orienter les enquêtes judiciaires.
Cette célébration marque l’entrée dans une nouvelle phase où les enjeux technologiques prennent une place décisive. La montée des transactions numériques, l’évolution rapide des méthodes criminelles et la sophistication des réseaux transnationaux imposent une adaptation constante.
La coopération internationale devient également plus structurante, puisque l’efficacité dépend de l’échange fluide d’informations avec les unités de renseignement étrangères et de la convergence avec les standards du GAFI. Le système sénégalais de surveillance financière se trouve ainsi à un moment charnière, avec l’opportunité de consolider deux décennies d’acquis et de renforcer sa capacité à détecter et prévenir les menaces financières qui touchent une économie de plus en plus ouverte et numérisée.

