Le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté une position ferme ce vendredi 28 novembre 2025 devant les députés. Il a annoncé que le Sénégal appliquera désormais une stricte règle de réciprocité en matière d’extradition. Aucun pays ne pourra exiger la remise d’un fugitif sans accepter d’en faire autant pour les citoyens sénégalais recherchés par la justice.
Insistant sur la souveraineté nationale, Sonko a rappelé que cette exigence s’inscrit dans une logique déjà évoquée pour la politique des visas. « Tout pays qui retient un fugitif sénégalais, refusant son extradition, j’en ferai de même », a-t-il prévenu, excluant tout compromis.
Cette sortie a été largement interprétée comme une allusion à la France, où la procédure visant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne a récemment été suspendue. Sous mandat d’arrêt international depuis septembre 2025 pour des accusations de blanchiment, d’escroquerie et d’association de malfaiteurs, Diagne avait été arrêté à Paris le 21 octobre avant que la Cour d’appel de Versailles ne diffère sa décision d’extradition. Elle demande des clarifications sur la validité du mandat et les garanties d’un procès équitable. Le verdict est attendu le 3 février 2026.
En appelant à la fin des « deux poids, deux mesures », Ousmane Sonko réaffirme la volonté du gouvernement de redéfinir les relations judiciaires internationales du Sénégal sur un pied d’égalité stricte.

