La succession à la tête du Secrétariat général des Nations Unies suscite des analyses au sein de la sphère académique sénégalaise. Alors que le nom de l’ancien chef de l’État circule pour ce poste prestigieux, une réflexion universitaire vient d’être rendue publique concernant la méthode choisie pour porter cette ambition internationale.
Dans une tribune publiée par nos confrères de Le Quotidien, Mamadou Hady Deme, docteur en Science politique et enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) de l’UCAD, se penche sur la démarche de Macky Sall. L’universitaire s’arrête particulièrement sur un préalable défini par l’ancien président : ce dernier a formellement conditionné sa candidature à un soutien officiel du gouvernement sénégalais.
L’auteur du texte précise que cette exigence relève d’un choix délibéré et non d’une contrainte juridique. Il souligne en effet qu’« aucune disposition de la Charte de San Francisco ne conditionne la recevabilité d’une candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies à un soutien manifeste de son pays d’origine ». Le chercheur interprète cette posture comme une volonté d’impliquer directement l’État du Sénégal dans le processus de désignation du futur dirigeant de l’organisation internationale.
Au-delà de cette condition interne, la publication met en exergue les enjeux continentaux d’une telle démarche. En cas de succès, Macky Sall deviendrait le troisième Africain, après l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali et le Ghanéen Koffi Annan, et le tout premier Sénégalais à occuper cette fonction. Le politologue rappelle que les précédents mandats de l’ancien président à la tête de l’Union africaine (UA) et de la CEDEAO lui ont permis de porter les revendications du continent, notamment lors des débats sur l’octroi d’un siège permanent à l’Afrique au Conseil de sécurité ou lors des négociations climatiques.
Dans sa tribune, Mamadou Hady Deme conclut son argumentaire en appelant à une approche unitaire autour de ce dossier. Il estime que les divergences politiques internes devraient être mises de côté pour privilégier le rayonnement diplomatique du Sénégal sur la scène mondiale.

