Plus de deux semaines après le décès à la suite de violences policières de l’étudiant Abdoulaye Ba, les langues continuent de se délier sur la crise qui secoue les universités sénégalaises. Maître de conférences au département de Génie chimique et ancien Secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), Seydi Ababacar Ndiaye «réclame la démission» de plusieurs autorités dont le Premier ministre Ousmane Sonko, et son ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom.
«Je réclame la démission du Premier ministre (…) parce qu’il a défié les étudiants, en leur disant qu’il ne cèderait pas à leurs chantages, oubliant qu’il avait fait des pieds et des mains pour passer devant les résidences des étudiants pour aller déférer à sa convocation, en bénéficiant de leur soutien afin de mettre la pression sur le régime de Macky Sall», a dit l’enseignant, au cours d’une interview accordée à L’Observateur.
En ce qui concerne Daouda Ngom, Seydi Ndiaye dit réclamer sa démission parce qu’il a tenu «un type de discours mal à propos, moins de 24 heures après les événements tragique» de l’université, ajoutant que «les bases du dialogue étaient déjà mouvantes».
«La situation des universités sénégalaises est l’expression de la faillite généralisée d’un système qui refuse de se regarder dans un miroir pour s’évaluer en se remettant fondamentalement en question», a conclu l’ancien syndicaliste, regrettant de voir l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar «sous le poids d’un effectif qui dépasse toutes les normes connues».

