La rupture du jeûne prévue ce vendredi au Palais de la République ne réunira pas l’ensemble des 130 députés de la mouvance présidentielle. En effet, plusieurs parlementaires du groupe Pastef ont annoncé publiquement qu’ils ne répondront pas à l’invitation du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, par ailleurs membre du parti.
Dans leurs déclarations respectives, ils invoquent des divergences politiques de fond et réaffirment leur fidélité au président de Pastef, Ousmane Sonko.
Cheikh Bara Ndiaye : “Diomaye n’est pas notre leader politique”
Invité sur le plateau de Walf TV, le député Cheikh Bara Ndiaye a justifié son refus sans détour.
« Le Président Bassirou Diomaye Faye n’est pas notre leader politique. Tout ce qui nous intéresse, c’est le projet Pastef, celui qu’incarne Ousmane Sonko et le parti », a-t-il déclaré.
Il estime également qu’il y a une incohérence à inviter les députés en tant que membres de Pastef tout en assumant une coalition distincte : « S’il veut que nous soyons à ses côtés, il n’a qu’à changer de direction », a-t-il ajouté.
Fatou Cissé Goudiaby : “Une invitation politique, pas institutionnelle”
La députée Fatou Cissé Goudiaby a, elle aussi, décliné l’invitation dans un long message rendu public.
Elle considère que la rencontre n’a pas un caractère institutionnel, mais partisan. « Un ndogou est un moment de convivialité. Et lorsqu’on s’invite, cela appelle à un instant de complicité », écrit-elle, tout en conditionnant sa participation à des « actes concrets » prouvant que le chef de l’État demeure pleinement aligné avec le parti.
La parlementaire critique également l’existence d’une coalition qu’elle juge désormais sans objet depuis la prestation de serment du président élu. À ses yeux, Pastef n’a pas besoin d’elle pour régner politiquement ».
Elle pose un ultimatum clair : soit le président « demeure le militant de Pastef » en phase avec son leader, soit il assume une posture d’opposant au parti.
Cheikh Omar Bamba Diop : “Je refuse d’être instrumentalisé”
Même tonalité chez le député Cheikh Omar Bamba Diop. Dans une déclaration adressée à l’opinion nationale, il affirme ne pas vouloir « légitimer une orientation qui s’éloigne des engagements pris devant le peuple sénégalais ».
Il dénonce notamment « le désaveu public » du leader du parti et la création d’une coalition regroupant, selon lui, des acteurs ayant combattu le projet Pastef.
« On ne peut être simultanément dans une coalition personnelle et dans le Pastef sans clarification politique », tranche-t-il.
Seynabou Yacine Sambe : « par conviction »
De son côté, l’honorable Seynabou Yacine Sambe dit agir « par conviction ».
Elle invoque plusieurs raisons : la nécessité que justice soit rendue « aux martyrs », l’exigence de reddition des comptes pour les auteurs de détournements de deniers publics et une interrogation sur la cohérence politique actuelle.
Elle estime également qu’une rencontre au Palais devrait, si elle est institutionnelle, concerner l’ensemble des 165 députés. « S’il s’agit d’une rencontre partisane, je considère, par principe, que le Palais de la République n’en constitue pas le cadre approprié », a-t-elle souligné.
Tout en réaffirmant son respect envers le chef de l’État, elle insiste sur sa fidélité au projet porté par Ousmane Sonko et sur la nécessité de respecter les engagements pris devant les Sénégalais.
Ces prises de position publiques confirment des lignes de fracture au sein même de la majorité parlementaire.

