Deux ans après la troisième alternance politique ayant porté au pouvoir le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le Parti de l’indépendance et du travail (PIT) du Sénégal livre une analyse critique de la situation du pays, qu’il juge préoccupante à plusieurs égards.
Dans un communiqué parvenu à Seneweb, le PIT rappelle que le principe de l’alternance démocratique vise à impulser une nouvelle dynamique de développement et à corriger les insuffisances des régimes précédents.
Toutefois, selon le parti, cette troisième alternance, marquée par des tensions et des violences, n’aurait pas encore produit les résultats escomptés.
« Que penser de la troisième alternance ayant porté au pouvoir le régime PASTEF ? Son accouchement violent, ses meurtrissures nombreuses, les balafres infligées au pays à cette occasion se sont-ils, deux années après, traduits en résultats probants, permettant à la majorité des Sénégalaises et des Sénégalais de se dire avoir eu raison de porter le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye aux affaires ? Le gouvernement dont s’est doté le président Faye, avec à sa tête le Premier ministre Ousmane Sonko, se révèle-t-il à la hauteur des importants défis auxquels le Sénégal est confronté ? », interroge le parti.
Poursuivant, le PIT pointe l’impact réel de la gouvernance actuelle sur le quotidien des Sénégalais. « Les Sénégalais vivent-ils mieux, sont-ils plus en sécurité ? Leurs libertés et leurs droits sont-ils plus, ou même autant, qu’auparavant protégés ? Que penser du sort fait aux apprenants du pays, des réponses adressées aux enseignants, de la violence meurtrière exercée sur les étudiants de l’université Cheikh Anta Diop particulièrement, dont le seul tort a été de réclamer le paiement de leurs bourses ? Qu’en est-il de ce drame silencieux qui se joue dans le bassin arachidier, dans tout le monde rural globalement, dans une sorte d’indifférence sidérante du gouvernement ? ».
Autant de questions que se pose le PIT qui ne s’en arrête pas là : « Qu’en est-il de la place de notre pays dans le concert des nations, dont témoigne le sort réservé à certains de nos supporters lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations qui, depuis le 18 janvier, croupissent dans des prisons marocaines ? Que dire de nos finances publiques, de notre capacité, en tant que pays, de nous doter de routes, de ponts, d’hôpitaux, d’universités, de trains, d’eau et d’électricité, pour poursuivre l’effort de construction nationale, dont l’élan est, depuis deux ans, aussi manifestement brisé ? »
Le PIT exprime également ses inquiétudes quant à l’état des finances publiques et à la capacité du pays à poursuivre ses projets structurants, notamment dans les domaines des infrastructures, de la santé, de l’éducation et de l’énergie : « Les récentes révélations du ‘Financial Times’ en date du 23 mars 2026 n’attestent-elles pas de la profondeur du gouffre dans lequel l’économie du pays a été placée, avec une si navrante désinvolture, par ses actuels gestionnaires ? »
Plus globalement, le PIT dénonce ce qu’il décrit comme une gouvernance marquée par « l’incurie, l’incompétence, la désinvolture et un déficit éthique ».
Face à ce constat, le PIT appelle à un sursaut collectif. Le parti invite l’ensemble des forces vives – acteurs politiques, société civile, jeunes et femmes – à s’unir pour « reprendre le destin du pays en main ».
« En la matière, il n’y a pas encore de forclusion, mais, à l’évidence, chaque jour perdu alourdit la tâche à accomplir. Alors oui, donnons-nous la main, acteurs politiques, militants de la société civile, jeunes, femmes, citoyennes et citoyens sénégalais, pour imposer le redressement du Sénégal devenu urgent ! Pour l’histoire et afin que demain il ne soit pas trop tard ! », alerte le PIT.
