L’influent homme d’affaires et guide religieux Serigne Fallou Mbacké Aby a lancé un appel solennel à l’endroit du président de la République et du Premier ministre Ousmane Sonko, les invitant à revenir à la raison afin d’éviter une crise de l’administration, notamment en raison de la dualité ou d’un éventuel conflit au sommet de l’État ou dans l’administration, dans un contexte où la sous-région est menacée et déstabilisée. Selon lui, ils peuvent cheminer tranquillement ensemble ou se séparer à l’amiable, comme ce fut le cas entre Abdoulaye Wade et Moustapha Niasse.
Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye doivent éviter toute division au sein de l’administration, car le pays ne peut se permettre de reproduire ce qui s’est passé récemment au Mali, aujourd’hui confronté à de nombreux fronts, ni les crises observées en Sierra Leone, au Libéria ou en Côte d’Ivoire entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, toutes liées à des conflits politiques.
Il a demandé de dépolitiser l’administration et de privilégier le travail, en dépassant les projets politiques au profit de programmes visant à répondre aux besoins des populations, notamment à travers la création d’emplois durables, le développement d’industries, une meilleure fourniture d’électricité et la réduction de la dépendance alimentaire, condition essentielle d’une véritable croissance.
Le petit-fils de Serigne Touba a expliqué que personne ne doit s’attaquer aux institutions de la République, qui constituent les fondements de l’État. Le président de la République est une institution que tout le monde doit défendre et respecter. Il a également appelé les militants de Pastef à cesser les attaques contre certaines personnalités ayant contribué au développement et à la stabilité du pays.
Selon lui, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye doivent pouvoir s’entendre, surtout qu’ils sont au pouvoir, et le président de la République doit reconnaître que le Premier ministre est un atout pour lui.
Il a également appelé Ousmane Sonko et Pastef à accompagner le président jusqu’à la fin de son mandat, estimant que les problèmes en cours de mandat peuvent coûter cher au pays.
Le marabout, qui a magnifié le travail de l’armée, de la police, des magistrats, des préfets et gouverneurs ainsi que des corps de contrôle et de l’Inspection d’État, a également dénoncé les critiques internes au sein de l’administration. Il a regretté que certains agents de l’État critiquent d’autres corps administratifs.
Il a aussi déploré les attaques médiatiques contre le président de la République, le silence de certains organes de régulation, ainsi que l’usage des réseaux sociaux par des politiciens pour dénigrer leurs adversaires à travers des insultes, alors que d’autres pays investissent dans l’intelligence artificielle pour en faire un levier de développement.
Il a conseillé au président d’incarner pleinement son rôle de chef de l’État et, avec le Premier ministre, de travailler en unité afin de sortir le pays de la situation actuelle, dans un contexte international marqué par des tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz et du canal de Suez, rendant la vie encore plus difficile dans un monde confronté à une forme de guerre froide.
Enfin, il a estimé que les autorités africaines doivent penser avant tout à leurs peuples, qui souffrent souvent des conséquences des crises politiques. Les élections ne doivent pas entraîner de pertes en vies humaines. La démocratie va bien au-delà de cela et ne doit pas être utilisée pour justifier tous les excès. Être élu ne signifie pas ne pas respecter les institutions.

