La reconduction de Cheikh Diba dans le nouveau gouvernement n’est pas une simple continuité administrative. Avec la fusion de l’Économie, des Finances et du Plan dans un même département, l’ancien ministre des Finances et du Budget se retrouve désormais au centre du dispositif économique de l’État. Dans un contexte de dette tendue, de négociations avec le FMI, de recomposition politique et d’attentes sociales fortes, son portefeuille devient l’un des plus stratégiques du gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lô.
Cheikh Diba n’arrive pas à ce poste par hasard. Son parcours est d’abord celui d’un haut cadre des finances publiques. Inspecteur des impôts et des domaines, il a occupé des fonctions techniques importantes dans l’administration, notamment à la programmation budgétaire. Avant son entrée au gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko en avril 2024, il était déjà connu dans les cercles de l’État comme un profil discret, administratif et budgétaire, plus technicien que politique. La Banque mondiale le présente comme un responsable ayant plus de seize ans d’expérience dans la gestion des finances publiques sénégalaises.
Cette trajectoire a toutefois un revers : Cheikh Diba a aussi été rattrapé par les débats sur la gestion des finances publiques sous l’ancien régime de Macky Sall. Son passage à la Direction de la programmation budgétaire l’a exposé aux questions sur les responsabilités administratives dans la situation budgétaire héritée. Il a rejeté toute responsabilité personnelle dans les errements antérieurs, tout en assumant son rôle de serviteur de l’État. C’est précisément cette double lecture qui rend son profil particulier : il connaît l’ancien système de l’intérieur, mais il a été maintenu par le nouveau pouvoir pour piloter la correction des déséquilibres.
En avril 2024, son entrée dans le premier gouvernement d’Ousmane Sonko comme ministre des Finances et du Budget avait déjà envoyé un signal : le nouveau régime voulait s’appuyer sur un technicien pour gérer une phase économique délicate. À cette époque, Abdourahmane Sarr gardait le portefeuille de l’Économie, du Plan et de la Coopération, tandis que Cheikh Diba pilotait les finances et le budget. La composition officielle du gouvernement du 5 avril 2024 plaçait ainsi les deux hommes sur deux pôles distincts mais complémentaires.

