Aminata Diallo est la mère de I. Diallo (9 ans), l’un des neuf garçons violés par un ressortissant ghanéen nommé E. Aboutsi. Mercredi dernier, elle parcourt trois kilomètres et se plante, à bout de souffle, devant un immeuble blanc. Elle venait d’apprendre que son enfant et certains de ses camarades sont à l’intérieur de ce R+3 de l’unité 15 des Parcelles Assainies de la commune de Jaxaay.
Avec d’autres parents, qui ont accouru, elle monte et se présente devant un appartement situé au deuxième niveau. «Nous avons toqué, un enfant a ouvert, rembobine Aminata Diallo, qui s’est confiée à L’Observateur. Nous avons alors aperçu l’un des enfants assis sur les genoux du Ghanéen. Mon fils avait la culotte baissée jusqu’aux genoux. Il y avait plusieurs autres enfants occupés à jouer à la Play Station.»
La scène est insupportable pour la mère de famille. Elle s’évanouit. «À son réveil, reprend le quotidien d’information, elle prend la mesure de l’horreur. La panique s’est installée au quartier Baye Niass. Par groupe, des parents ont immédiatement conduit leurs enfants à l’hôpital de Keur Massar où des tests ont été effectués.»
Housseynatou Barry, ressortissante guinéenne vivant au quartier Aladji Pathé, à quelques kilomètres de l’unité 15 des Parcelles Assainies de Jaxaay, a subi le même choc. Son garçon de 7 ans fait partie des victimes du prédateur sexuel. «Le médecin a décelé plusieurs déchirures anales chez mon enfant, a-t-elle confié à L’Observateur. Je souffre pour mon petit. Déjà, il a une pathologie cardiaque qu’il traîne depuis sa naissance et voilà que cette affaire est venue s’y ajouter.»
À l’état actuel de l’enquête, neuf victimes ont été recensées. Mais le chiffre pourrait monter car, le mis en cause est établi à Jaxaay depuis 2022.
Maigre consolation pour les parents des garçons violés : «Le test de séropositivité effectué sur le prédateur est revenu négatif», révèle L’Observateur. Qui renseigne que E. Aboutsi devait être présenté, ce lundi, devant le procureur du tribunal de Pikine/Guédiawaye.

