Le patriotisme économique passe désormais par l’assiette de l’administration. Par la circulaire n°0036 du 26 février 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a, en effet, instruit l’ensemble des ministères sectoriels de s’approvisionner prioritairement en riz local. Cette décision marque une étape cruciale dans la stratégie nationale de souveraineté alimentaire par la promotion du consommer local, visant à offrir un écoulement garanti aux producteurs et « riziers » nationaux.
Une directive qui ne vient pas seule puisqu’elle s’inscrit dans un calendrier de réformes entamé depuis novembre 2025 avec « la fixation du prix ex-usine du riz blanc à 350 F CFA/kg ». Et plus récemment, ce jeudi 5 mars 2026, le gouvernement a encore franchi un nouveau pas en octroyant une subvention de 50 F CFA/kg pour soutenir les producteurs et les consommateurs. Une bouffée d’oxygène destinée à stabiliser les prix tout en renforçant le pouvoir d’achat des Sénégalais.
L’Institut panafricain pour la Citoyenneté, les consommateurs et le développement (CICODEV Afrique) engagé dans la promotion du consommer local, applaudit des deux mains cette volonté politique du gouvernement qui a longtemps fait défaut.
Dans un communiqué, le directeur exécutif de CICODEV Afrique, Amadou Kanouté déclare : « Le riz importé par le Sénégal représente environ 1,4 million de tonnes par an. Il existe pourtant comme le riz, plusieurs denrées qui peuvent être produites, vendues et consommées chez nous, au Sénégal. Il devient donc crucial de trouver un équilibre entre ce que nous produisons et ce que nous consommons et cette circulaire du Premier ministre est un bon début pour une effectivité de la consommation des produits locaux. »
Cependant, souligne l’organisation, pour que cette circulaire qui promeut le consommer-local puisse être mise en œuvre de manière effective, des orientations sont nécessaires. Celles-ci sont d’ordre logistique, culturel ou encore économique.
En effet, selon CICODEV il faudra « veiller à une accessibilité du riz local sur l’étendue du territoire national pour un approvisionnement régulier des institutions publiques ; veiller à ce que les acteurs s’entendent sur une normalisation du riz local ; veiller à une homologation et une effectivité du prix du riz local ».
Mais également, ajoute CICODEV, « enclencher une réflexion autour de l’éducation culinaire afin que les producteurs adaptent le riz local aux habitudes culinaires et alimentaires des consommateurs ».
L’organisation s’engage, pour sa part, à faire le suivi de l’effectivité de cette circulaire du Premier ministre et à contribuer au renforcement de sa mise en œuvre.

