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Communication du gouvernement : Une parenthèse de panique

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Adja Publié le 26 octobre 2026 à 14:17
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Communication du gouvernement : Une parenthèse de panique

Mobiliser le Premier ministre un dimanche, avec autour de lui six membres du gouvernement. Voilà ce qui s’est passé hier, avec la volonté du gouvernement de défendre sa thèse face à la majorité parlementaire qui refuse de voter le projet de loi de finances rectificative. Dans la salle, au moins sept autres ministres venus en renfort. Et la réponse du camp d’en face a donné lieu à un autre classico, version gouvernement contre Pastef. Sur le résultat de cette rencontre, on laissera le verdict aux Sénégalais.

Ce qui nous intéresse ici, c’est la qualité de la communication du gouvernement. Mobiliser un dimanche une quinzaine de ministres autour du Premier ministre, est-ce vraiment la meilleure manière de dégager une image de sérénité ? D’autant qu’une semaine auparavant, le lundi 19 octobre 2026, le gouvernement avait mobilisé neuf ministres pour faire le point sur le climat social, face à la grève générale de trois jours annoncée par les centrales syndicales. Une pléthore de ministres, avec des interrogations sur la pertinence de la présence de certains d’entre eux.

Au cours de cette rencontre, on a entendu le ministre des Transports se réjouir qu’il n’y ait pas de perturbation dans son secteur. Avait-il sa place dans cette communication de crise, si tout va bien dans son département ? Ensuite, lorsqu’on mobilise neuf ministres, c’est pour dire quoi ? Quel est le message essentiel à faire passer ? La multiplication des interventions peut rapidement brouiller le message, avec les sorties de piste et autres digressions.

À quoi sert le porte-parole du gouvernement si, dans ces séances, chaque ministre parle au nom de son département ? Il est vrai que le choix de Bakary Sarr mérite une justification : l’homme ne semble pas avoir le profil de l’emploi. Malheureusement, on reste dans le schéma du ministre de la Communication porte-parole du gouvernement, comme si le lien était automatique.

Mais le problème de fond est dans la communication du gouvernement : pas seulement de celui-ci, mais de tous les gouvernements du Sénégal. Communiquer semble un exercice difficile pour nos gouvernants, un fardeau à la limite. Ce qui devrait être un réflexe est finalement un boulet à traîner. Le gouvernement ne communique que lorsqu’il y est contraint. Beaucoup d’initiatives ont été prises par le passé. Des rencontres régulières, soit avec la presse, soit avec les parlementaires, ont été annoncées sans suite. Le gouvernement de Macky Sall avait débuté avec les jeudis de la presse, mais l’expérience n’a pas duré. Des Premiers ministres ont promis de passer chaque mois à l’Assemblée nationale. La promesse n’a jamais été respectée. Solliciter les services de communications de certains ministères et sociétés nationales relèvent à la limite d’une perte de temps.

C’est ce manque de culture de la communication qui fait que, dès l’instant qu’il y a crise, le format choisi renvoie une image de panique de la part des gouvernants. Récemment, le ministère des Finances a ameuté tous ses directeurs dans le cadre de ce qu’il a appelé un « café presse ». « Pendant plus de deux heures, les journalistes ont pu échanger directement avec les directeurs généraux en charge de la Comptabilité publique et du Trésor, du Budget, des Douanes, des Impôts et des Domaines, des Financements et de la Dette, de la Planification et des Politiques économiques, du secteur financier ainsi que du Développement du secteur privé», s’est félicité le ministère.

Les expériences avortées

Pourtant, ce département fait partie des plus fermés du gouvernement. C’est parce que le régime a été accusé de sacrifier la politique de souveraineté à l’autel des exigences du FMI que toute l’expertise a été mobilisée « pour la première fois ». Et sans doute pour la dernière, sauf en cas de crise.

Au ministère des Finances, on pense que la communication est à sens unique : rapports, communiqués. Presque jamais de réponse aux sollicitations de la presse. Les directeurs sortis la dernière fois sont d’ailleurs quasi inconnus des médias. Même la presse économique a du mal à avoir accès à ce ministère. Les rares fois où les journalistes parviennent à obtenir de l’information, c’est après avoir contourné le circuit officiel.

Le moment est peut-être venu de revoir la communication du gouvernement : en finir avec des communiqués du Conseil des ministres dont l’exclusivité réservée à la RTS n’a aucune pertinence en 2026, et désigner deux ministres, ou le porte-parole, pour répondre aux questions d’actualité après la diffusion du communiqué.

Par ailleurs, les rapports, c’est très bien ; c’est même une mine d’informations. Mais les préoccupations des journalistes doivent aussi trouver une réponse favorable, que ce soit au ministère des Finances ou dans un autre département. En multipliant ces exercices, la communication deviendrait un réflexe, et la Primature n’aurait plus besoin de se mobiliser un dimanche, ni de mobiliser neuf ministres, pour faire face à une crise.

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