Le tribunal des flagrants délits de Dakar a tranché, ce 14 janvier 2026, dans une affaire d’escroquerie singulière impliquant la dame F. Tall. Après vingt ans de mariage, la prévenue a été reconnue coupable d’avoir vendu une maison appartenant à son mari sans que ce dernier n’en soit informé.
L’acquéreur, N. Cissé, un Sénégalais établi à l’étranger, avait déboursé la somme de 42 millions de FCFA avant de réaliser qu’il ne pourrait jamais obtenir le titre de propriété. Face à cette impasse, il avait déposé plainte auprès de la police des Parcelles Assainies.
Lors de l’enquête, la mise en cause a tenté de justifier son acte en affirmant avoir obtenu l’aval de son époux pour éponger des dettes bancaires et débloquer des marchandises en souffrance au port. Une version catégoriquement démentie par son mari. À la barre, bien qu’ayant initialement nié les faits, F. Tall a fini par reconnaître son erreur. Malgré la trahison, son époux est resté solidaire, se disant déterminé à l’épauler pour rembourser la victime.
Sur le plan financier, un premier acompte de 5 millions de FCFA avait été déposé à la police. Lors de l’audience, ses avocats, Mes Takha Cissé, Adja Diallo et Aliou Sow, ont versé 5 millions supplémentaires, portant le remboursement actuel à 10 millions de FCFA. La défense a plaidé la clémence, arguant que la liberté de leur cliente était indispensable pour liquider ses stocks au port et honorer le reliquat de 32 millions de FCFA.
De son côté, l’avocat de la partie civile, Me Ousseynou Gaye, a réclamé 60 millions de FCFA en réparation du préjudice subi. Le procureur de la République s’en est remis à la sagesse du tribunal tout en requérant l’application de la loi pénale.
Rendant son verdict, le tribunal a déclaré F. Tall coupable d’escroquerie. Elle a été condamnée à trois mois de prison assortis du sursis et devra verser la somme de 35 millions de FCFA à la partie civile à titre de dommages et intérêts.
