Face aux députés, le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé l’intention de l’État de reprendre le champ gazier Yakaar-Teranga. Cette ambition se justifie, au vu de la situation financière difficile de Kosmos Energy, qui exploite le gisement après l’avoir hérité de BP. La compagnie américaine «ne peut pas respecter ses obligations», constate l’ancien directeur général de Petrosen Mamadou Faye, dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur.
«Financièrement, la société a des difficultés. Il y a peu de chances que, d’ici à juin, ils fassent quelque chose à Yakaar-Teranga, martèle l’expert. Aujourd’hui, ils sont très endettés. Ils essaient de gérer la situation en fonction des créances, de vendre des actifs pour respecter les exigences.»
Pour étayer ses dires, Mamadou Faye rappelle que Kosmos a annoncé, mardi dernier, avoir vendu ses actifs de production en Guinée équatoriale à Panoro Energy pour 219,5 milliards de dollars (121459 milliards F CFA).
L’État est donc dans son droit en voulant reprendre le champ gazier. Mais si, selon l’ancien patron de Petrosen, «l’État peut faire cette mutation du contrat légalement sans aller en arbitrage», l’opération ne se réalisera pas «tic au tac». D’abord, explique Faye, «il faut que l’État récupère les droits de Kosmos par voie légale et ensuite restitue le permis à Petrosen». Ainsi, complète-t-il, «Petrosen pourra aller chercher des partenaires crédibles avec qui il pourra travailler sur le projet».
