Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a fait un rappel historique sur le sens de l’engagement politique et de l’action publique. Une intervention qui sonne comme une réponse indirecte à la déclaration faite auparavant par le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui s’était présenté devant le Parlement comme «le gardien de la Révolution».
En effet, sans citer directement son chef de gouvernement, Bassirou Diomaye Faye a tenu à replacer l’idée de transformation politique dans une perspective historique plus large pendant sa prise de parole à la conférence des leaders de la coalition Diomaye Président. Selon lui, les changements profonds qu’a connus le Sénégal ne peuvent être attribués à une seule génération politique. «Ce qui a fait de moi le Président de la République n’a pas commencé en 2024», a-t-il affirmé.
La mémoire des luttes et des résistances
Le chef de l’État a rappelé que l’histoire politique du Sénégal s’est construite à travers plusieurs formes de luttes et d’engagements. « À l’école, on nous apprenait les résistants armés et pacifiques. On nous parlait aussi des porteurs de pancartes, entre autres révolutionnaires », a-t-il déclaré. Pour lui, ces différentes formes de mobilisations constituent les fondements de la trajectoire démocratique du pays. La transformation politique actuelle serait donc le résultat d’un long processus historique impliquant plusieurs générations d’acteurs.
La somme des héritages politiques
Dans cette logique, le président a insisté sur l’idée que l’histoire d’un pays est le fruit d’un héritage collectif. Il s’est appuyé sur une réflexion de Cheikh Anta Diop pour illustrer cette vision. Selon lui, le célèbre penseur sénégalais rappelait l’importance de reconnaître à la fois les succès et les échecs des générations précédentes, car les dirigeants actuels sont le produit de leurs efforts. «Nous sommes la résultante de tous leurs efforts», a souligné Bassirou Diomaye Faye. Dans cette perspective, la responsabilité des dirigeants d’aujourd’hui serait de transmettre le flambeau dans un meilleur état aux générations futures.
L’État au-delà des hommes
Le président de la République a également tenu à rappeler un principe fondamental de la continuité de l’État. « Les hommes politiques actuels, avec ou contre nous, doivent comprendre que le Sénégal n’a pas commencé avec nous et ne finira pas avec nous », a-t-il déclaré. Ce message vise à souligner que les ambitions politiques individuelles ne doivent jamais faire oublier la permanence des institutions et l’intérêt supérieur de la nation.
Ambitions politiques et sérénité démocratique
Revenant sur sa conception de l’exercice du pouvoir, Bassirou Diomaye Faye a rappelé l’engagement qu’il avait formulé lors de son discours de fin d’année : diriger le pays avec lucidité et humilité. Il a reconnu que chaque responsable politique peut nourrir une ambition personnelle, mais a insisté sur la nécessité de la concilier avec l’intérêt de l’État.
« Chacun est libre d’avoir une ambition personnelle. Sinon, il sera difficile de porter celle d’un État. Mais cela doit toujours se faire dans la sérénité », a-t-il expliqué. Le chef de l’État a également rappelé que toute personne aspirant à diriger le pays reste avant tout un citoyen sénégalais, appelé à convaincre d’autres Sénégalais. Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour un climat politique plus apaisé. Selon lui, les divergences politiques sont naturelles dans une démocratie, mais elles doivent s’exprimer dans le respect et sans violence.« Nous pouvons débattre dans la sérénité, sans une certaine violence », a-t-il déclaré.
