Pour Les Échos, la montagne a accouché d’une souris. Alors que le dossier initial portait sur des sommes colossales – 91 et 31 milliards de francs CFA –, l’affaire Farba Ngom se concentre aujourd’hui sur la découverte de deux téléphones portables dans sa cellule au Pavillon spécial. Une « chute spectaculaire » pour un dossier qui semblait, il y a 11 mois, hors normes.
La réaction ironique de Mame Diarra Fam
Ce glissement suscite des réactions. L’ancienne parlementaire Mame Diarra Fam, fidèle à son franc-parler, a ironisé sur la situation via les réseaux sociaux. Elle rappelle que la détention de téléphones par les prisonniers est une pratique ancienne et banale dans les milieux carcéraux sénégalais (« une longue histoire »), et suggère avec sarcasme que cet incident ne devrait pas « secouer une République ».
« Téléphone portable ak prisonnier une longue histoire, Nite ordinaire yi sakh daniouy yogé cool ni nice good fine », a-t-elle posté.
(Traduction : les prisonniers et les téléphones, c’est une longue histoire. Même les citoyens ordinaires en détention les utilisent sans être inquiétés.)
Au-delà du cas de Farba Ngom, le journal soulève une question de fond : celle de la responsabilité des surveillants. « Faut-il accabler le détenu et laisser en paix ceux qui sont payés pour le surveiller ? », s’interroge Les Échos, qui souligne que « dans un pays vraiment démocratique, toute la chaîne doit être tenue pour responsable, si faute il y a ».

