Maimouna Bousso : Diomaye Faye « a commis un coup d' État démocratique, il a trahi la volonté des Sénégalais »
Le ton monte entre une partie de Pastef et le pouvoir exécutif. Dans un entretien accordé à Seneweb, la députée Maimouna Bousso s’en prend frontalement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qu’elle accuse de s’être éloigné de l’esprit de rupture porté par les électeurs. Pour la parlementaire, certaines décisions du chef de l'État justifient un contrôle renforcé de la part de l'Assemblée nationale. « Le président de la République a commis un coup d’État démocratique, il a trahi son serment », affirme-t-elle.
Le reproche d’un retour aux anciennes pratiques
Maimouna Bousso estime que Bassirou Diomaye Faye avait été élu sur la promesse d'une rupture nette avec les pratiques des régimes précédents. Elle lui reproche aujourd’hui de s’entourer de personnalités issues des anciens régimes, dont certaines, selon elle, ont été citées ou mises en cause dans des rapports de contrôle. Pour la députée, cette situation soulève deux hypothèses : soit le chef de l'État considère que Pastef ne le suivra pas dans la voie qu'il souhaite emprunter, soit son entourage actuel l'influence dans une direction différente de celle de la rupture et de la transparence promises aux Sénégalais.
« Ce sont les Sénégalais qui sont trahis »
La députée refuse, par ailleurs, de réduire la crise politique actuelle à une simple querelle entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. « On parle de trahison de Sonko, mais en réalité ce sont les Sénégalais qui sont trahis », soutient-elle. Selon elle, les Sénégalais ont voté pour un changement profond et non pour une reconduction, sous une autre forme, de certaines pratiques et figures des anciens régimes. Elle estime que le rôle des députés est désormais d'utiliser pleinement les moyens de contrôle dont dispose l'Assemblée nationale. « Si on avait été en mesure d’attacher ses pieds et ses mains, on l’aurait fait », déclare-t-elle, précisant que, faute de pouvoir empêcher certaines décisions présidentielles, la majorité parlementaire entend exercer ses prérogatives institutionnelles.
Le bras de fer institutionnel en toile de fond
Cette sortie intervient dans un contexte politique marqué par les tensions entre les deux têtes de l'exécutif et par les interrogations sur l'avenir des relations entre Pastef et le président de la République. Maimouna Bousso revendique ainsi une ligne de fermeté : soutenir le projet de rupture tout en exerçant un contrôle strict sur l'action présidentielle. Au-delà des formules particulièrement fortes employées par la députée, son intervention traduit surtout une question politique majeure : jusqu'où la majorité parlementaire issue de Pastef entend-elle aller dans le contrôle du président Bassirou Diomaye Faye ? Le débat ne porte donc plus seulement sur les relations entre deux anciens alliés. Il touche désormais à l'interprétation du mandat donné par les électeurs et à la définition même de la rupture promise au Sénégal.
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