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20:52Juste après l'élection d'Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée nationale du Sénégal, le député Cheikh Bara Ndiaye, membre du parti Pastef (au pouvoir), a échappé ce mardi à une tentative d'arrestation. Il a quitté l'hémicycle, accompagné de quelques collègues députés et proches, pour regagner son domicile. Selon plusieurs sources, le parlementaire est convoqué ce mercredi à la Section de recherches. Sur Facebook, Cheikh Bara Ndiaye a réagi juste après avoir évité l'interpellation : « Diomaye Faye a envoyé la Section de recherches m’arrêter à l’Assemblée nationale. C’est une violation de la loi. J’y ferai face ». Proche d'Ousmane Sonko, le député critique régulièrement le Président Diomaye Faye et son entourage. Pour rappel, Cheikh Bara Ndiaye avait récemment affirmé, sur la chaîne Walf TV, qu'une somme de 100 milliards FCFA serait déposée sur un compte du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.
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Seulement 18 mairesses sur 558 communes : le constat accablant d'une gouvernance masculine

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Adja Publié le 20 mai 2026 à 20:04
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Seulement 18 mairesses sur 558 communes : le constat accablant d'une gouvernance masculine
Seulement 18 mairesses sur 558 communes : le constat accablant d'une gouvernance masculine
Des parlementaires, élus locaux, responsables politiques, activistes et représentants de la société civile se sont penchés ce mardi à Dakar sur la « participation politique des femmes et la gouvernance inclusive ». La rencontre, organisée par le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD), a aussi accueilli des membres de la sous-région. Au cœur des échanges : le recul de la représentation féminine à l’Assemblée nationale, passée de 44,2 % à 41 % à l’issue des législatives anticipées du 17 novembre 2024, mais aussi les limites persistantes de la parité dans les sphères de décision. Représentant le ministère de la Femme et des Solidarités, Mama Diouf Fall a rappelé que la participation politique des femmes « ne doit être considérée ni comme une faveur ni comme une simple question de représentativité ». Selon lui, elle constitue « une exigence de justice sociale, de performance institutionnelle et de consolidation démocratique ». « Une gouvernance véritablement inclusive ne peut se construire sans la pleine participation des femmes aux espaces de décision », a-t-il soutenu, tout en saluant les efforts du RFLD et de ses partenaires dans la promotion du leadership féminin. Le représentant du ministère est revenu sur les acquis enregistrés grâce à la loi sur la parité adoptée en 2010, qui a permis une augmentation significative de la présence des femmes dans les assemblées élues. Toutefois, il a estimé que « la parité numérique ne suffit pas à garantir une participation effective et équitable des femmes aux processus décisionnels ». Parmi les principaux défis identifiés figurent l’accès limité des femmes aux postes stratégiques, le manque de financement du leadership féminin, les violences basées sur le genre en politique ainsi que les résistances sociales et culturelles. Mama Diouf Fall a insisté également sur l’importance du renforcement des capacités des femmes, notamment dans les domaines du leadership, de la gouvernance publique, de la communication politique, de la négociation et de la maîtrise des outils numériques. « Les chiffres traduisent des obstacles structurels » Point focal du RFLD au Sénégal, Bator Ndiaye a dressé un constat préoccupant malgré les avancées juridiques du Sénégal en matière de droits des femmes. « Les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024 ont montré un recul de la représentation féminine à l’Assemblée nationale, passant de 44,2 % à 41 %. Plus alarmant encore, seules 13 % des têtes de listes étaient des femmes », a-t-elle déclaré. Elle a également souligné les disparités au niveau territorial : sur les 558 communes du Sénégal, seules 18 sont dirigées par des femmes, tandis que seulement 3 femmes président les 43 conseils départementaux. Pour Bator Ndiaye, ces chiffres « traduisent des obstacles structurels, des résistances culturelles et des inégalités persistantes dans l’accès au pouvoir, au financement politique et aux espaces de décision ». « La question n’est plus de savoir si les femmes sont capables de gouverner. La véritable question est : pourquoi les systèmes politiques continuent-ils encore à limiter leur accès au leadership ? », a-t-elle lancé. Plaidoyer pour une extension de la loi sur la parité Présidente d’honneur de l’Association des juristes sénégalaises (AJS), Fanta Gueye Ndiaye a estimé que la loi sur la parité, bien qu’ayant permis des avancées importantes, reste limitée dans son champ d’application. « Aujourd’hui, le défi majeur, c’est la parité du pouvoir », a-t-elle affirmé, relevant la faible présence des femmes dans les fonctions exécutives : mairies, présidences de conseils départementaux ou encore postes ministériels. Selon elle, la loi devrait désormais être élargie à tous les niveaux décisionnels afin de garantir un accès plus équitable des femmes aux responsabilités publiques. Elle a aussi appelé les organisations féminines et les partenaires à maintenir la mobilisation autour de cette réforme, estimant qu’« autant il a fallu se battre pour obtenir la loi sur la parité, autant il faut aujourd’hui se battre pour élargir son champ d’action ». Des réformes structurelles réclamées Pour Sadikh Niass, de l'AfrikaJom Center, le Sénégal dispose déjà d’un cadre juridique solide avec la Constitution, la loi sur la parité et les conventions internationales ratifiées. Mais il estime que « le fossé entre le droit et la réalité reste important ». Il a identifié plusieurs obstacles structurels : le coût élevé de la politique, les pesanteurs socioculturelles, le fonctionnement interne des partis politiques et la faible démocratisation des instances de décision. « La politique reste encore perçue comme un espace masculin », a-t-il regretté. Parmi les pistes évoquées figurent la réforme des règles électorales, le financement du leadership féminin, l’institutionnalisation du mentorat politique ainsi que la transformation des partis politiques de l’intérieur. Les participantes ont enfin insisté sur la nécessité de bâtir des réseaux de solidarité féminine durables et de renforcer l’accompagnement des jeunes femmes engagées en politique. « Le recul de 44,2 % à 41 % est une alerte. Mais ces chiffres ne sont pas notre destin. Ils doivent être le point de départ d’une nouvelle mobilisation », a conclu Sadikh Niass.

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