Le député Thierno Alassane Sall a vivement critiqué la gestion de la récente crise à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, exprimant sa profonde désapprobation face à la réaction des autorités judiciaires et universitaires. Selon lui, « c’est ridicule et bien beau de se tenir ici, de faire le procès de la police et de dire que le jeune Abdoulaye Bâ ne devait pas être tué. Rien n’a changé, on assiste au même scénario ». Il dénonce un climat de tension récurrent dans les universités, estimant que la promesse d’un dialogue direct faite par le Premier ministre Ousmane Sonko avec les étudiants n’a pas été respectée.
S’agissant des circonstances tragiques ayant conduit à la mort de l’étudiant, Thierno Alassane Sall indique avoir « eu honte pour le procureur », qui a affirmé que les issues de secours avaient été verrouillées. Le député s’interroge : « Pourquoi les étudiants n’ont pas utilisé les escaliers mais ont sauté ? Sans doute parce qu’ils étaient contraints ».
Il accuse également les autorités de chercher des boucs émissaires parmi les étudiants, évoquant la perspective de poursuites judiciaires et de radiations pour trois d’entre eux, tout en soulignant que ces actions risquent d’instrumentaliser la crise à des fins politiques. Le député rappelle que la révolte des étudiants trouve ses racines dans les réformes universitaires contestées. Selon lui, « le chef n’a jamais tort », et le message envoyé par le ministre de l’Enseignement supérieur selon lequel « la réforme, ça passe ou ça casse » a profondément révolté les étudiants, qui se sont sentis trahis par le projet qu’on leur avait présenté.

