La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), relevant de la Direction de la Police aux frontières (DPAF), a procédé, le 20 avril 2026, au défèrement d’un individu impliqué dans une affaire présumée de traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle.
Le mis en cause est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment traite des personnes, proxénétisme, incitation à la débauche, association de malfaiteurs, ainsi que l’exploitation d’un établissement d’hébergement sans autorisation administrative.
Cette affaire fait suite à une opération menée par le Commissariat spécial de Rosso, ayant permis l’interpellation de plusieurs femmes de nationalités sénégalaise et étrangère au sein de l’auberge « Le Walo », située à Rosso-Sénégal. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces dernières s’y livraient à des activités de prostitution.
Entendues par les enquêteurs, les femmes ont déclaré exercer volontairement la prostitution dans l’établissement, tout en versant une somme journalière de 16 000 FCFA au propriétaire des lieux. Ce montant leur permettait notamment de bénéficier d’un hébergement et d’y recevoir leur clientèle.
Toutefois, l’une des victimes a révélé un système d’exploitation beaucoup plus contraignant. Elle affirme avoir été recrutée au Nigéria avant d’être soumise à la prostitution sous la pression d’une dette fictive de trois millions de FCFA, imposée par une complice du suspect au titre de frais de voyage.
Lors de son audition, le propriétaire de l’auberge a reconnu percevoir les sommes évoquées, tout en niant toute forme de contrainte sur les pensionnaires. Il a soutenu que ces dernières s’y installaient de leur plein gré. Il a néanmoins admis exploiter l’établissement sans agrément délivré par le ministère du Tourisme, condition pourtant obligatoire pour ce type d’activité, bien qu’il affirme disposer d’une licence de vente de boissons alcoolisées.
À l’issue de sa garde à vue, le suspect a été présenté au procureur de la République. Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’ampleur du réseau et d’identifier d’éventuels complices.

