Attaques personnelles et écarts de langage à l’Assemblée : Sonko joue au gendarme et rappelle les députés au règlement
Face à la multiplication des échanges parfois musclés dans l’hémicycle, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a rappelé les députés à l’ordre et au strict respect du règlement intérieur. Cela dans une parenthèse qu'il ouvre avant la pause demandée par le gouvernement dans le cadre de la plénière en cours, ce jeudi.
S’appuyant sur les dispositions du règlement intérieur, il a insisté sur la nécessité de préserver la sérénité et la courtoisie qui doivent caractériser les débats parlementaires.
L’article 64 dispose notamment que l’Assemblée nationale, en tant que lieu par excellence du débat démocratique, doit être le cadre d’échanges « sereins, courtois et impersonnels ». Les attaques personnelles, les interruptions troublant l’ordre des débats et les interpellations de collègue à collègue sont interdites.
Ousmane Sonko a également rappelé les prérogatives du président de séance, telles que définies à l’article 72 : présider la séance, diriger les débats, faire respecter le règlement et maintenir l’ordre dans l’hémicycle. "Qu'on ne me reconnaisse pas comme président n'est pas un problème à mon niveau, mais je vais faire régner le règlement tant que je serais là", dit-il faisant allusion à Thierno Alassane Sall.
Il faut noter que pendant la séance d'aujourd'hui, Ousmane Sonko à bien fait valoir son rôle de police de l'audience, obligeant plusieurs députés même de son camp à ne pas sortir du cadre du débat.
Le président de l’Assemblée nationale a, en outre, attiré l’attention des députés sur l’article 77, qui encadre la prise de parole. Si le débat législatif est libre, cette liberté demeure soumise aux règles de procédure. Le temps de parole de chaque orateur est notamment fixé à 15 minutes.
Autre rappel, un député ne peut s’exprimer qu’après avoir obtenu la parole et doit rester dans le cadre de la question débattue. En cas d’écart, le président peut l’inviter à revenir au sujet. Si l’orateur refuse de se conformer à cette injonction, ses propos peuvent ne pas être inscrits au procès-verbal et il peut, en cas de persistance, être rappelé à l’ordre.
Dans cette mise au point, Ousmane Sonko entend ainsi rappeler que la liberté de parole des parlementaires ne saurait être confondue avec une liberté de perturber les débats ou de s’en prendre personnellement à un collègue. Pour lui, à l’Assemblée nationale, les désaccords politiques peuvent être vifs, mais ils doivent rester encadrés par les règles de l’institution.
Le président de l’Assemblée invite ainsi les députés à davantage de discipline afin que l’hémicycle demeure un espace de débat démocratique, et non le théâtre d’affrontements personnels.
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