A Diamniadio, au CICAD, Dakar accueille depuis ce lundi 20 avril une nouvelle édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, un rendez-vous stratégique présidé par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qui a livré une allocution dense marquée par un appel à la souveraineté et à la responsabilité collective du continent.
D’emblée, le président sénégalais a salué la présence des dirigeants et partenaires venus participer à cette rencontre. « Votre présence parmi nous aujourd’hui témoigne de votre amitié pour le Sénégal et de votre attachement à la paix et à la sécurité de notre continent », a-t-il déclaré, remerciant également les invités d’honneur et les partenaires de l’événement.
Dans son discours, Bassirou Diomaye Faye a rappelé la vocation du Forum de Dakar, devenu selon lui un espace de réflexion stratégique majeur sur les enjeux sécuritaires africains. Il a toutefois dressé un constat préoccupant d’un monde en profonde recomposition, marqué par des tensions géopolitiques et des crises multiformes.
« Le monde dans lequel nous vivons en 2026 est marqué par une profonde instabilité et des crises majeures aux impacts colossaux », a-t-il affirmé, évoquant notamment les conflits armés, les tensions commerciales entre grandes puissances et la montée du protectionnisme.
Le chef de l’État a également alerté sur la vulnérabilité particulière du continent africain face à une pluralité de menaces, allant du terrorisme à la criminalité transfrontalière, en passant par la cybercriminalité et les effets du changement climatique. « Le diagnostic est clair. Si rien n’est fait, l’Afrique ne tirera pas profit de ses énormes potentialités », a-t-il averti.
Au cœur de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de prendre en main son destin sécuritaire et stratégique. « Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs », a-t-il martelé, plaidant pour une souveraineté africaine pleinement assumée, y compris dans ses dimensions économique et numérique.
Reconnaissant les efforts des institutions régionales comme l’Union africaine et la CEDEAO, le président a néanmoins souligné leurs limites opérationnelles, appelant à une réforme des mécanismes existants pour les rendre plus efficaces et mieux adaptés aux réalités du terrain.
Il a par ailleurs proposé plusieurs pistes d’action, notamment le renforcement des dispositifs de prévention des conflits, la mise en œuvre effective des forces africaines en attente et la création d’une industrie de défense continentale.
Abordant la question des ressources, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de mieux valoriser les richesses africaines. « La prospérité ne dépend pas de l’abondance des ressources, mais de notre capacité à les gouverner », a-t-il souligné, appelant à une industrialisation locale des chaînes de valeur.
Le président sénégalais a également mis l’accent sur le rôle central de la jeunesse dans la stabilité du continent, estimant que l’éducation, la formation et l’emploi constituent des leviers essentiels contre la radicalisation et l’insécurité.
En dernière analyse, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé le lien étroit entre paix, sécurité et développement, appelant à une approche globale et intégrée. « Unis, nous serons plus forts pour passer d’une posture de vulnérabilité à celle de puissance économique », a-t-il ajouté, ouvrant officiellement les travaux du Forum de Dakar.

