Deux enseignants, El H. A. Ndao et A. A. Wellé, ont comparu devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye dans une atmosphère singulière, marquée par la présence dans le public de dizaines d’élèves portant la tenue scolaire, venus assister au procès de leurs maîtres. Poursuivis pour avoir diffamé leur supérieur, les deux prévenus ont finalement échappé à la prison ferme après avoir exprimé leurs regrets à la barre.
Un rapport administratif comme étincelle
À l’origine de l’affaire, relate L’Observateur, qui a assisté au procès, une sanction administrative : le directeur de l’école élémentaire Ndiarka Diagne de Fith Mith, I. Diop, avait rédigé un rapport signalant les retards et absences répétées de M. Ndao. Cette démarche a déclenché une réaction brutale. Via un groupe WhatsApp réunissant collègues et personnel de service, ce dernier a diffusé un message audio d’une rare violence, qualifiant son supérieur de « pervers sexuel », d’« homosexuel » et de « pédophile ».
Enregistrement clandestin et aveux
L’affaire a pris une tournure plus préoccupante avec l’implication de A. A. Wellé, enseignant proche de la retraite, accusé d’avoir enregistré clandestinement une conversation avec le directeur afin de fournir des « munitions » à M. Ndao. À la barre, après des dénégations qui ont irrité le juge, les deux prévenus ont fini par passer aux aveux, justifiant leurs actes par la colère et demandant pardon à leur supérieur.
La clémence pour sauver des carrières
Le directeur, dans un geste d’apaisement, a accepté les excuses, son avocat plaidant même la clémence pour « préserver la carrière » des mis en cause. Le procureur a ainsi écarté certaines charges, mais retenu les injures et l’atteinte à la vie privée.
Le tribunal a suivi cette voie en condamnant les deux enseignants à deux mois de prison avec sursis et à payer 100 000 FCFA d’amende chacun. Ndao et Wellé ont été relaxés des chefs d’association de malfaiteurs et de menaces de mort, signale le quotidien du Groupe futurs médias.
