Reconnue coupable d’abus de confiance, N. A. Sy, une commerçante de 31 ans plus connue sous le pseudonyme de Bineta N. sur TikTok, a été condamnée par le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye pour avoir détourné environ 4 millions de francs CFA.
Depuis 2017, rembobine L’Observateur, la prévenue gérait des tontines en ligne proposant des lots attractifs : bijoux, matériel électroménager ou smartphones de luxe comme l’iPhone 17 Pro. Ce système, qui semblait parfaitement rodé, a fini par s’enrayer, poussant plusieurs victimes à porter plainte auprès de la gendarmerie de Keur Massar.
Ces dernières, citées par le quotidien du Groupe futurs médias, ont expliqué qu’après avoir versé des cotisations quotidiennes pouvant atteindre 10 000 FCFA, elles n’ont jamais reçu les lots promis.
À la barre, les parties civiles ont dépeint une organisatrice aux méthodes « musclées », décrivant une femme arrogante et agressive. Pour intimider ses créancières, N.A. Sy affirmait n’avoir « peur ni de la police, ni de la gendarmerie », se prévalant de la nationalité américaine de son père. Une autre plaignante a témoigné avoir été menacée après avoir tenté de récupérer ses fonds, suite à une suspension subite de la tontine pour une prétendue « maladie ».
Pour sa défense, la commerçante a servi une version rocambolesque, accusant son ex-époux d’avoir fait main basse sur les fonds collectés avant de s’enfuir vers la Gambie. Tout en reconnaissant sa dette, elle a insisté sur le fait qu’elle n’avait connu aucun incident en sept ans d’activité. Son avocat, Me Niang, a d’ailleurs plaidé le simple « litige civil », arguant que 95 % des membres avaient été payés par le passé et qu’il s’agissait d’un incident isolé dans la chaîne de cotisation.
Pourtant, les victimes sont nombreuses : N.H. Sy réclame 948 000 FCFA, F.N. court derrière 593 000 FCFA, tandis que M.S. Gning et C. Danfakha attendent respectivement 455 000 FCFA et 300 000 FCFA. Enfin, P. Djigo sollicite le remboursement de 150 000 FCFA.
Le procureur a écarté la thèse de l’incident de parcours, évoquant des « manœuvres frauduleuses » destinées à tromper les victimes. Le tribunal a finalement condamné la prévenue à six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, et a ordonné la restitution intégrale des sommes dues, assortie de la contrainte par corps, complète la même source.
