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Ousmane Sonko : « Si Pastef perd l’Assemblée, le pays va vers le gouffre »

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Adja Publié le 17 août 2026 à 10:43
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Ousmane Sonko : « Si Pastef perd l’Assemblée, le pays va vers le gouffre »
Entre les relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, la rupture au sein de Pastef et la perspective des prochaines échéances électorales, Ousmane Sonko affiche une posture ferme. Le président de l’Assemblée nationale se dit prêt à affronter toutes les élections, tout en refusant de dévoiler la stratégie que son parti compte adopter. « Nous sommes prêts à gagner toute forme d’élections organisée au Sénégal », affirme-t-il. Mais lorsqu’il est interrogé sur la stratégie qui sera mise en œuvre, notamment pour les élections locales, il préfère garder le silence : « Nous sommes généreux et savons partager, mais pour les élections locales, nous ne dirons pas encore la démarche à adopter. » ​Exclusions : Sonko dément toute décision concernant Diomaye ​Interrogé sur les membres retirés de certains groupes WhatsApp de Pastef et sur les changements opérés à la tête de certaines coordinations depuis la rupture avec Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko affirme que la position du parti est claire. Il récuse notamment l’idée qu’une décision formelle d’exclusion aurait déjà été prise contre le président de la République. « Il n’y a pas encore une décision du parti au sommet qui exclut quelqu’un. Les bases n’ont pas encore saisi le Conseil national », explique-t-il. ​Ousmane Sonko rappelle la procédure prévue par les textes de Pastef. Selon lui, lorsqu’un membre est exclu ou démissionne, la procédure doit suivre plusieurs étapes : « Quand on exclut quelqu’un, on constate sa démission, le bureau se réunit et le Conseil national le valide. » Concernant le retrait de certains membres des groupes WhatsApp, il relativise la portée de ces mesures : « Il n’y a pas que le président Diomaye pour les groupes WhatsApp. C’est pour des mesures conservatoires. » Il rappelle également une règle interne du parti : « De facto, nos textes disent qu’on ne peut être membre de Pastef et d’un autre parti. » ​Retrouvailles avec Diomaye : « Cela dépend du président » ​Sur la possibilité de retrouvailles avec Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko se montre ouvert, mais renvoie l’initiative au chef de l’État. « Cela dépend du président », répond-il. Il estime par ailleurs que, depuis deux ans, une partie de l’opposition s’est principalement concentrée sur sa personne. Selon lui, cette stratégie visait à l’affaiblir avant de s’attaquer au président Diomaye Faye. « L’opposition, depuis deux ans, attaque Sonko, jamais le président. Il fallait le liquider pour ensuite s’attaquer à Diomaye », soutient-il. Ousmane Sonko considère également que certains acteurs ont poussé le chef de l’État vers une posture qu’il juge excessive, notamment autour de la question du respect des institutions. « Ils l’ont poussé à l’extrémisme et ils ont comme élément de langage le respect des institutions, comme si Pastef faisait le contraire », déclare-t-il. ​« Le peuple ne se résume pas aux institutions » ​Le président de l’Assemblée nationale critique également une déclaration de Bassirou Diomaye Faye selon laquelle ce ne serait pas « la foule ni le peuple », mais les institutions qui doivent primer. Pour Sonko, cette conception pose problème. « Quand le président va jusqu’à dire : ce n’est pas la foule ni le peuple, mais les institutions, c’est parce qu’il veut passer par l’instrumentalisation des institutions contre la légitimité et la volonté populaire », estime-t-il. Malgré les tensions, il affirme que son principal objectif reste la défense des intérêts du pays. « Tout ce qui nous intéresse, c’est le pays et le peuple », insiste-t-il. ​Un « dialogue des institutions » toujours maintenu ​Ousmane Sonko distingue toutefois la rupture politique avec le chef de l’État des relations institutionnelles entre leurs deux fonctions. « Le dialogue des institutions existe », affirme-t-il, précisant qu’en tant que président de l’Assemblée nationale, il échange avec le chef de l’État sur les questions administratives, les urgences et les dossiers relevant du fonctionnement de l’État. Il assure également ne nourrir aucune volonté de nuire à Bassirou Diomaye Faye. « Ce que j’ai dit au président : je ne lui souhaite pas de mal et, si mon avis l’intéresse, je suis prêt à le lui donner. Je reste ouvert à la discussion », déclare-t-il. ​« Si Pastef perd l’Assemblée, le pays va vers le gouffre » ​Pour Ousmane Sonko, l’Assemblée nationale constitue aujourd’hui le principal enjeu politique. Il considère que la majorité parlementaire reste un verrou essentiel pour permettre à Pastef de poursuivre son projet. « Il ne reste qu’un verrou, c’est l’Assemblée. Si Pastef perd l’Assemblée, ce pays va vers le gouffre », avertit-il. Une déclaration qui traduit, à ses yeux, l’importance stratégique des prochaines échéances électorales et la volonté du leader de Pastef de conserver la maîtrise de la majorité parlementaire, sans pour autant dévoiler les contours de sa stratégie.

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