Il y a les matchs de playoffs ordinaires, et puis il y a le cataclysme qui a secoué le Madison Square Garden pendant le premier match des finales de la conférence Est entre les Knicks de New York et les Cavaliers de Cleveland. Dans une rencontre qui entrera instantanément dans la légende du basketball new-yorkais, les Knicks ont signé l’un des plus grands retours de l’histoire des phases finales. Menés de 22 points à moins de huit minutes de la fin du quatrième quart-temps, New York a arraché une victoire irréelle en prolongation (115-104) face aux Cavaliers.
À 7 min 52 s du terme du temps réglementaire, le tableau d’affichage affichait un cinglant 93-71 en faveur des Cavs. Engourdis par neuf jours de repos depuis leur coup de balai face à Philadelphie, les Knicks balbutiaient leur basket, affichant un terrible 4 sur 23 à trois points. C’est à ce moment précis que l’avalanche Jalen Brunson (38 points) s’est abattue sur Cleveland, initiant un run fou de 18-1 pour arracher la prolongation, avant que New York n’asphyxie totalement ses opposants lors de l’overtime (9-0 pour débuter la période). Le Garden de New York, l’arène de basket la plus connue au monde, a explosé de joie.
Dans l’intimité d’un vestiaire encore vibrant d’émotion, le vétéran Jordan Clarkson, précieux pendant ses 16 minutes sur le parquet (+2, un panier à trois points opportun et un contre défensif clé), a posé son regard de sage sur ce retournement de situation historique. Interrogé sur ce retour incroyable pour une équipe qui ne cesse jamais de croire et sur sa fierté face à l’effort de ce groupe, l’arrière n’a pas caché son admiration : « Extrêmement fier. Je pense que nous avons un groupe résilient, donc ça montre qu’on reste soudés et qu’on continue de se battre. »
La longue trêve de neuf jours a pourtant pesé lourd sur les jambes des joueurs du collectif new-yorkais en début de match, une attente que Josh Hart a d’ailleurs publiquement qualifiée de « torture ». Pour Clarkson, ce retard à l’allumage ne s’expliquait pas uniquement par le manque de rythme, mais plutôt par le temps d’adaptation tactique nécessaire face aux schémas de Cleveland : « Je ne pense pas que ce soit juste de la rouille. Je pense que c’était juste nous qui essayions de retrouver notre rythme. Une nouvelle équipe adverse pose des défis différents, donc, tu sais, on essayait juste de comprendre ce qui se passait. C’était probablement une de nos mauvaises soirées de tir, mais on a trouvé un moyen. »
Comment passe-t-on d’un naufrage collectif à une telle démonstration de force pour arracher la décision en fin de match et en prolongation ? À la question de savoir ce qui a changé ou provoqué le déclic, l’arrière met en avant l’ADN même de l’équipe et l’intensification des efforts : « On a juste continué à faire ce qu’on fait. Je pense qu’on a redoublé d’efforts là-dessus, défensivement, et offensivement aussi. »
Aujourd’hui repositionné dans un rôle de couteau suisse et de leader vétéran à New York, Clarkson a profité de ce moment de grâce pour adresser un conseil à tous les enfants qui rêvent de fouler un jour les parquets de la NBA dans une telle ambiance : « Juste le travail. Bloquez les sceptiques et continuez. »
Malgré la tension étouffante d’un Match 1 des Finales de Conférence, l’état d’esprit qui dominait chez le numéro 00 des Knicks à l’issue de la rencontre restait la gratitude et le plaisir pur d’avoir enfin retrouvé la compétition : « Juste de l’émotion de retourner jouer. Ça nous manquait tellement, on est contents de pouvoir recommencer. »
Avec cette victoire arrachée au bout du suspense, New York prend les commandes de la série. Le génie de Brunson fait des miracles, mais c’est bien la culture du sacrifice et la résilience collective qui font de ces Knicks une équipe terrifiante à abattre. Rendez-vous jeudi soir, toujours au Garden, pour un Match 2 qui s’annonce déjà électrique.
Correspondance exclusive de Valeria Rubino
