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Sécurité numérique : l’Assemblée nationale adopte à l’unanimité le projet de loi sur les infrastructures critiques

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Adja Publié le 20 août 2026 à 19:40
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Sécurité numérique : l’Assemblée nationale adopte à l’unanimité le projet de loi sur les infrastructures critiques

Le Sénégal renforce son arsenal juridique face à la montée des cybermenaces. Réunis en séance plénière, les députés ont adopté à l’unanimité le projet de loi n° 25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’informations critiques et à la sécurité numérique. Sur les 165 députés inscrits, 127 ont voté en faveur du texte, dont 15 par procuration. Aucun vote contre ni abstention n’a été enregistré. Un vote qui traduit, au-delà des clivages politiques, une convergence autour d’un enjeu stratégique : protéger les infrastructures, les données et les systèmes numériques essentiels au fonctionnement de l’État. Présenté par le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, et soutenu par le ministre de la Communication, Bacary Sarr, le projet de loi entend apporter une réponse globale à l’évolution des cyberattaques et aux menaces qui pèsent sur les infrastructures numériques nationales.

Protéger les infrastructures stratégiques

L’un des principaux apports du texte concerne la protection des infrastructures d’informations critiques. Les installations, systèmes et plateformes considérés comme essentiels à la sécurité et au fonctionnement du pays bénéficient d’un régime de protection renforcé, avec des dispositions relevant notamment du secret de la défense nationale. L’objectif est de réduire la vulnérabilité des secteurs stratégiques face aux attaques informatiques susceptibles de perturber des services essentiels ou de compromettre des informations sensibles.

L’intelligence artificielle au cœur des nouveaux défis

Le texte prend également en compte l’évolution rapide des technologies numériques, notamment l’intelligence artificielle. Plutôt que de figer la loi autour de technologies précises, le dispositif repose sur des principes généraux de sécurité et sur des normes techniques susceptibles d’évoluer avec les innovations. Cette approche doit permettre au cadre juridique de rester adaptable face à l’apparition de nouvelles technologies et de nouvelles formes de cybermenaces, sous l’impulsion de l’Autorité nationale de cybersécurité.

La souveraineté des données comme priorité

Autre volet majeur : la maîtrise des données publiques et stratégiques. Le projet consacre le principe de conservation sur le territoire national des données considérées comme sensibles pour l’État. Cette orientation renforce la logique de souveraineté numérique et donne une place particulière aux infrastructures nationales d’hébergement, notamment au Data Center de Sénégal Numérique (SENUM). La nouvelle législation ne se limite pas aux infrastructures et aux systèmes de l’État. Elle comporte également un volet consacré à l’inclusion et à la protection des usagers du numérique. Le Plan d’action de protection des enfants en ligne (PAPEL) est ainsi intégré au dispositif. Le texte prévoit également des garanties d’accès et d’emploi sans discrimination pour les personnes vivant avec un handicap dans le secteur de la cybersécurité. Avec cette adoption unanime, le Sénégal franchit donc une nouvelle étape dans la construction de sa souveraineté numérique. Au-delà du renforcement de la protection des infrastructures critiques, le texte pose les bases d’un cadre destiné à accompagner le développement d’une véritable économie nationale de la cybersécurité et à renforcer la résilience du pays face aux menaces numériques.

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