Traitement dette : Ce que demande un groupe de grands créanciers internationaux du Sénégal
Comme annoncé il y a quelques jours par Seneweb, dans le cadre du processus de traitement de la dette, des créanciers de l’État du Sénégal commencent à s’organiser. Les principaux investisseurs détenant des obligations internationales émises par le Sénégal ont mis en place un « Groupe ad hoc » et mandaté le cabinet américain White & Case pour les représenter dans les discussions avec les autorités sénégalaises.
Garanties sur le traitement
Dans un communiqué publié à la fin de la semaine dernière, ledit groupe s’est dit disposé à dialoguer avec les autorités sénégalaises et à représenter les intérêts des détenteurs d’obligations internationales. Mais il estime que « ce processus doit impérativement garantir que tout traitement de la dette soit économiquement justifiable, équitable et durable, et repose sur des hypothèses économiques raisonnables intégrant les ajustements nécessaires ».
Le groupe dit également prendre note de l’engagement pris par les autorités sénégalaises de recourir à la version accélérée du Cadre commun du G20, de procéder à un partage précoce et renforcé des informations et de tenir des consultations parallèles avec les créanciers dans le cadre d’un processus relevant du Cadre commun renforcé.
“Répartition équitable du fardeau”
Cependant, pour que le processus de traitement de la dette atteigne ses objectifs, le Groupe ad hoc estime qu’il est essentiel que « les autorités collaborent avec toutes les parties prenantes, y compris les détenteurs d’obligations, afin de garantir une répartition équitable du fardeau entre les créanciers financiers du Sénégal, conformément aux meilleures pratiques internationales ».
L’autre demande formulée à l’endroit de l’État sénégalais concerne la transparence. Le groupe exhorte les autorités à s’engager en faveur d’une « transparence maximale », qu’il considère comme une « condition indispensable pour éviter un processus interminable ».
“Un partenaire constructif si…»
Le Groupe ad hoc assure, par ailleurs, qu’il « sera un partenaire constructif pour les autorités si ces principes sont respectés ». Il annonce également la mise en place prochaine d’un comité de pilotage chargé de coordonner ses activités. En attendant, le groupe confirme avoir mandaté White & Case LLP comme conseiller juridique pour le représenter dans le cadre du processus de traitement de la dette.
En clair, les grands créanciers internationaux se montrent disposés à entrer dans le processus de traitement de la dette, mais ils posent déjà plusieurs conditions : davantage de transparence, un accès précoce aux informations et surtout une répartition équitable de l’effort entre les différents créanciers du Sénégal. Ils refusent ainsi, à ce stade, que les détenteurs d’obligations internationales soient les seuls à supporter le coût des éventuels ajustements.
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