La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès a examiné, ce mardi 9 juin 2026, une affaire de vol de bétail impliquant quatre hommes poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec usage de moyen de locomotion et port d’arme. Il s’agit de D. Sow, S. Bâ, Y. Kâ et B. Bâ. Ils sont accusés d’avoir participé au vol de plusieurs bœufs appartenant à M. Ndiaye, éleveur domicilié à Palméo, dans le département de Kébémer.
Un vol commis en pleine nuit
Selon l’accusation, les faits remontent à la nuit du 25 au 26 février 2021. Vers 4 h, plusieurs bœufs avaient été dérobés à Palméo avant d’être acheminés jusqu’au foirail de Ndoukoura, près de Ngaye Mékhé. Les animaux ont ensuite été chargés dans un véhicule en direction de Thiès, à Keur Saïb Ndoye, où ils été livrés à C. Sow.
Après le déchargement des bêtes, les prévenus ainsi que le chauffeur du véhicule, P. Diène, se sont arrêtés dans une station-service voisine. Leur présence sur les lieux a attiré l’attention des policiers du commissariat central de Thiès, alertés par une information anonyme signalant un regroupement d’individus au comportement suspect.
L’enquête mène jusqu’au propriétaire des bœufs
Lors de la fouille du véhicule, les enquêteurs ont découvert des bouses de vaches, indice laissant supposer un transport récent de bétail. Interrogés sur place, les suspects ont expliqué avoir convoyé des bœufs jusqu’au domicile de C. Sow, lequel les avait acquis auprès d’un certain Adama, présenté comme le propriétaire des animaux.
Cependant, l’enquête a permis d’établir que les bêtes appartenaient en réalité à M. Ndiaye. Les policiers ont également procédé à l’interpellation de C. Sow tandis que le nommé Adama, considéré comme un acteur clé du dossier, a réussi à prendre la fuite et demeure introuvable.
À l’issue de l’instruction, D. Sow, S. Bâ, Y. Kâ et B. Bâ ont été inculpés puis placés sous mandat de dépôt. C. Sow est poursuivi pour recel avant d’obtenir une liberté provisoire, alors que le chauffeur P. Diène aurait été mis hors de cause.
Les accusés rejettent toute implication dans le vol
À la barre, les quatre accusés ont livré une version similaire des faits. Tous affirment avoir été recrutés par Adama Kâ pour embarquer et transporter des bœufs depuis le foirail de Ndoukoura jusqu’à Thiès.
D. Sow a expliqué avoir été sollicité pour participer au chargement des animaux moyennant 5 000 F CFA, précisant qu’il s’agissait de sa première collaboration avec Adama.
S. Bâ a soutenu avoir simplement participé à l’embarquement et au transport des bêtes pour 5 000 F CFA.
De son côté, Y. Kâ a indiqué qu’il avait accompagné le convoi jusqu’à Thiès contre la promesse d’une rémunération de 5 000 F CFA.
Quant à B. Bâ, il a affirmé avoir connu Adama Kâ dans le cadre de ses activités commerciales et avoir accepté d’embarquer ces animaux sans se douter d’une quelconque irrégularité.
Enfin, les prévenus ont tous soutenu qu’ils ignoraient l’origine frauduleuse des bêtes et qu’ils n’étaient que de simples manutentionnaires rémunérés pour le transport.
Le parquet réclame une lourde condamnation
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a estimé que les éléments du dossier démontrent l’implication des accusés dans une opération préparée à l’avance.
Selon lui, treize bœufs étaient concernés par l’opération, même si le véhicule utilisé ne pouvait en transporter que quatre à la fois. Il a également souligné que l’arrestation est intervenue seulement quelques heures après le vol, renforçant selon lui les soupçons pesant sur les prévenus.
Le représentant du ministère public a ainsi requis la déclaration de culpabilité des quatre accusés et demandé une peine de dix ans de réclusion criminelle.
La défense plaide l’absence de preuves
Les avocats de la défense, Maitres Sy, Ayi et Bass, ont contesté la thèse du parquet. Selon eux, le simple fait de transporter des bœufs entre Ngaye Mékhé et Thiès ne suffit pas à caractériser une participation au vol.
Ils ont notamment relevé l’absence d’éléments établissant une concertation préalable entre les accusés ou leur implication directe dans le vol commis à Palméo.
Les conseils ont plaidé l’acquittement pur et simple de leurs clients ou, à défaut, leur relaxe au bénéfice du doute en raison des nombreuses zones d’ombre qui subsistent dans ce dossier.
Le verdict est attendu le 6 juillet 2026.
