La séance plénière consacrée à la seconde lecture de la loi modifiant le Code électoral a été marquée par une vive confrontation verbale entre députés, après les accusations de « faux texte » formulées par Tafsir Thioye.
Prenant la parole pour répondre à son collègue, le député du groupe Pastef, Mohamed Ayib Salim Daffe a rejeté avec fermeté toute accusation visant l’administration de l’Assemblée nationale. Très offensif, il a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de manipulation politique. « Il faut être faux pour dire que l’administration de l’Assemblée fait du faux. C’est de la manipulation, de la tartufferie », a-t-il lancé à l’encontre de Tafsir Thioye.
Selon lui, la question préalable soulevée par le député de l’opposition ne reposait sur aucun fondement juridique sérieux. « Cette question préalable n’en est pas une parce que Tafsir Thioye fait dans la manipulation », a insisté le président du groupe parlementaire Pastef.
« Jeter l’administration en pâture »
Le député a également regretté que l’administration parlementaire soit publiquement mise en cause dans cette affaire. « C’est facile de jeter en pâture l’administration pour se donner en spectacle pour des raisons politiciennes », a-t-il dénoncé.
Allant plus loin, Ayib Daffé a accusé son collègue de pratiquer ce qu’il a qualifié de « mercenariat parlementaire », dans une ambiance particulièrement tendue au sein de l’hémicycle.
Le président de la Commission des lois, Abdoulaye Tall, est également intervenu pour défendre la régularité de la procédure. Selon lui, l’administration de l’Assemblée nationale est « irréprochable » et les modifications évoquées résultent bien d’amendements adoptés dans le cadre normal des travaux parlementaires. Il a affirmé qu’il y avait effectivement eu des amendements introduits en commission puis validés en plénière. « En plénière, un second amendement a été fait et voté », a-t-il expliqué.
« Le Président de la république n’a jamais parlé de faux texte »
Me Abdoulaye Tall a également reproché à Tafsir Thioye de prêter au président de la République des propos qu’il n’a jamais tenus. « Ne faites pas dire au président de la République ce qu’il n’a pas dit », a-t-il averti. Selon lui, Bassirou Diomaye Faye n’a jamais évoqué un « faux texte », mais simplement l’existence de « deux versions » du document transmis après le vote parlementaire.
Le président de la Commission des lois a rappelé que la saisine présidentielle visait précisément à déterminer quelle version correspondait réellement au texte adopté par les députés.
Pour appuyer son argumentaire, Abdoulaye Tall a convoqué un précédent historique remontant à 1974. Il a rappelé qu’à l’époque, une loi portant sur les fêtes légales avait également été amendée après son adoption, poussant le président Léopold Sédar Senghor à demander une seconde lecture. « Les institutions travaillent dans la complémentarité », a-t-il soutenu. Avant de conclure : « Cette loi est une loi de la République et sera votée. »
