S. Sow, 44 ans, a été arrêté et placé en garde à vue puis déféré au parquet. Il est accusé d’avoir kidnappé et violé une jeune femme de 20 ans, K. Bâ, stocké des vidéos intimes de dames sur son téléphone, manifestement sans leur autorisation, et dribblé un gérant de bar en se présentant dans son établissement comme «le procureur Abdou Aziz Sow».
Les éléments du commissariat central de Thiès, qui ont procédé à son arrestation, ont été alertés par le responsable de l’hôtel Bidew Bi. «Au bout du fil, rembobine L’Observateur, qui relaye cette histoire dans son édition de ce lundi, ce dernier signale qu’une jeune femme venait de perdre connaissance à la réception de l’établissement.»
Avant l’arrivée des policiers, signale le journal, la jeune femme avait été évacuée à l’hôpital. Les enquêteurs apprendront du personnel de l’hôtel que la victime, avant de tomber dans les pommes, a déclaré avoir été kidnappée par un client logeant à la chambre 8. Ce dernier est un commerçant domicilié à la cité Serigne Mansour de Thiès.
Poursuivant leurs investigations, les policiers se sont rendus à l’hôpital où K. Bâ été hospitalisée. Cette dernière a révélé avoir connu le suspect sur Facebook, début avril, et que celui-ci s’est présenté sous Chérif Bâ.
Plusieurs échanges virtuels plus tard, une relation amoureuse se forme. La jeune femme envoie des vidéos intimes, à la demande de son copain. Le 1er mai, le couple décide de se rencontrer pour la première fois.
S. Sow, qu’elle connaît jusque-là sous Chérif Bâ, envoie 2000 francs CFA par Wave à K. Bâ pour financer son voyage de Yenne à Thiès. La jeune femme arrive dans la capitale du Rail avec sa fille de deux mois.
Contacté avec le téléphone de sa nouvelle petite-amie, qui était à bord d’un taxi, le suspect indique au chauffeur le lieu du rendez-vous. La plaignante est surprise d’apprendre qu’il s’agit d’un hôtel.
«Une fois sur place, S. Sow aurait réglé la course avant de la conduire dans une chambre, reprend L’Observateur. Il lui trouve à manger et propose des relations sexuelles. Une proposition que la jeune femme déclare avoir catégoriquement refusée dans un premier temps. Malgré ce refus, poursuit la victime présumée, le mis en cause lui aurait retiré ses vêtements avant de passer à l’acte.»
D’après le récit du journal du Groupe futurs médias, K. Bâ a profité d’une absence momentanée de S. Sow, parti au balcon, pour alerter par téléphone sa sœur domiciliée à Thiès avant de s’échapper de la chambre, son bébé sous les bras, pour se présenter à la réception de l’hôtel.
Face aux policiers, le mis en cause a reconnu avoir rencontré la plaignante sur les réseaux sociaux et entretenu avec elle des relations intimes. En revanche, il rejette les accusations de viols, jurant que l’acte sexuel était consenti.
Fait troublant, d’après L’Observateur : le téléphone de S. Sow contenait des vidéos intimes de femmes «susceptibles d’être d’autres victimes présumées».
L’une d’elles a été d’ailleurs convoquée par les enquêteurs. «Elle affirme avoir connu le nommé S. Sow sous l’identité de ‘Chérif Bâ’, prétendument agent administratif à l’AIBD. Selon ses déclarations, leurs relations avaient évolué jusqu’aux préparatifs du mariage. Mais le jour fixé pour discuter des modalités avec sa famille, l’homme se serait éclipsé sous prétexte de se rendre à la banque [pour récupérer du cash] afin de régler certaines dépenses convenues avec les parents de la jeune femme. Il ne serait jamais revenu.»
L’Observateur renseigne que S. Sow a été enfoncé par le témoignage du gérant d’un bar, qui s’est rendu spontanément à la police. Aux enquêteurs, il a confié que le mis en cause s’est présenté à son établissement comme étant «le procureur Abdou Aziz Sow», siégeant au tribunal de Thiès et a consommé de l’alcool pour 44 400 francs CFA avant se retirer sans régler l’addition.
Cette dénonciation alourdit les charges contre S. Sow. Qui devra se montrer convaincant devant le vrai procureur de Thiès, s’il veut échapper à la prison.
